INTERNATIONAL ASSOCIATION OF YOUTH AND FAMILY JUDGES AND
MAGISTRATES
ASSOCIATION INTERNATIONALE DES MAGISTRATS DE LA JEUNESSE
ET DE LA FAMILLE
ASOCIACIÓN INTERNACIONAL DE MAGISTRADOS DE LA JUVENTUD Y
DE LA FAMILIA
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CHRONICLE CHRONIQUE CRÓNICA |
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Editorial Board : Dr Willie McCarney (Ireland),
Editor-in-Chief; Judge Oscar D'Amours (Canada); Judge Jacob van der Goes
(Holland); Judge
Gabriela Ureta (Chile); Atilio Alvarez (Argentina); Dra. Mónica Vazquez Larsson
(Argentina);
Prof. Jean Trépanier (Canada). Secretariat: Judge Corinne Dettmeyer-Vermeulen, Mesdagstraat 63, 2569 XV, Den Haag, Holland
ÉDITORIAL
“La meilleure
méthode de prévention du crime consiste à
créer des
opportunités pour l'exercice des droits des enfants et des adolescents”.
XIe Congrès de l'ONU sur la Prévention du Crime et la
Justice Pénale, Bangkok, 2005
Au
Royaume-Uni, le taux de récidive parmi les jeunes prisonniers est tellement
élevé que l’on doit envisager des alternatives à la détention dans tous les
cas, selon un rapport publié en mai dernier par la Ligue Howard pour la réforme
pénale. L'étude accuse le gouvernement de ne prêter aucune attention aux
besoins de réintégration des jeunes délinquants.
Le
rapport souligne que presque 70% des jeunes délinquants font l’objet d'une
nouvelle condamnation dans les deux ans qui suivent leur remise en liberté,
alors qu’ils reçoivent peu de soutien, en prison ou après leur remise en
liberté, pour les aider à reconstruire leur vie.
De
plus, selon le rapport, le manque actuel de soutien signifie que l'emprisonnement
des jeunes met le public en danger parce qu'il augmente le risque de récidive:
“L'emprisonnement
des jeunes hommes à cette étape critique de leur vie peut avoir un effet
extrêmement néfaste sur leur développement et leurs chances dans la vie à
l'avenir. On doit chercher des alternatives à la détention dans tous les cas où cela est possible.”
Le
rapport ajoute: “Le système de justice pénale devrait plutôt travailler de
façon à résoudre les conflits et à réparer les dégâts. Tous doivent reconnaître
que l'emprisonnement, même pour une courte période, bouleverse la vie et que
les dégâts sont souvent irréparables.”
Il est
peu probable que ce rapport sera sur la même longueur d'onde que la façon de penser du gouvernement. Le premier
ministre se demande si les droits de l'homme, les lois concernant la
présentation des indices et les droits civils n'ont pas excessivement
déséquilibré les choses contre les droits des victimes.
Lord
Goldsmith, le chef du Parquet, est intervenu dans 339 cas, depuis trois ans, pour faire augmenter des peines
“excessivement légères” infligées à des criminels jugés coupables. Les affaires
contestées concernaient les jugements de plus de 200 juges : un dixième
des juges des cours supérieures en Angleterre et au Pays de Galles. Ces recours
ont été acceptés dans 230 cas.
Au
Royaume-Uni, le nombre total de prisonniers(adulte et mineurs confondus) a
augmenté de façon vertigineuse, passant de 44 000 en 1991 à un chiffre record
de 77 800 en novembre 2005. Les dernières statistiques du ministère de
l'Intérieur démontrent que la population carcérale actuelle se trouve entassée
dans des cellules prévues pour seulement 70 500 prisonniers. On estime que,
d’ici cinq ans, la population carcérale pourrait dépasser 90 000 prisonniers. Le Comité des comptes publics
de la Chambre des communes (PAC) affirme qu’une population carcérale si
nombreuse, fait sans précédent, entraînera des suicides plus fréquents et
représentera un environnement fertile pour la violence parmi les prisonniers.
L'Étude
britannique sur la criminalité (BCS) atteste que la criminalité au Royaume-Uni
est en déclin à long terme, avec une chute de 43% depuis 1995. La même tendance
existe en Europe. La BCS n'inclut pas les délinquants de moins de 16 ans. On
note que la tendance est également à la
baisse pour ce groupe. Alors pourquoi les prisons britanniques sont-elles
bondées?
La
raison unique et prépondérante est que des peines plus lourdes sont infligées
pour une plus grande gamme d'infractions. Une soif insatiable de vengeance a
mené à une augmentation de 53% du nombre de personnes emprisonnées au fil de
la décennie qui a vu la criminalité baisser.
En
fait, ce sont les crimes commis avec
des couteaux qui ont semé la panique. En 1995,
243 meurtres ont été commis avec des instruments pointus; en 2005, il y
en a eu 236. Au fil de ces dix ans, le
nombre moyen de meurtres commis avec un couteau a été de 4,5 par semaine. Ce
chiffre a baissé pour atteindre 4 par semaine. Et pourtant, les médias disent
que les attaques avec des couteaux sont “hors de contrôle” et le ministre le
l'Intérieur à l'intention d'introduire une peine obligatoire de cinq ans pour
le port d'un couteau.
On
estime qu'au Royaume-Uni, environ 3,6 millions de personnes, majoritairement des jeunes, font usage de
cannabis au moins une fois chaque année. 45 000 personnes ont été interpellées
pour possession en 2004 et 2200 ont été accusées de trafic (étant en possession
d'une quantité de cannabis suffisante pour faire 30 joints ou plus). Le
ministère de l'Intérieur vient d'annoncer des plans pour condamner à une peine
de 14 ans toute personne prise avec assez de cannabis pour faire 10 joints.
Le
gouvernement a l'intention d'introduire une peine “détention plus” en novembre
prochain qui donnera aux magistrats l'option d'infliger un “avant-goût” de la
prison avant l'exécution d'une autre sanction dans la communauté. Les
magistrats ne disposeront pas du pouvoir d'insister que les délinquants
participent à des programmes de traitement contre la toxicomanie ou
l'alcoolisme.
Il faut
imputer la responsabilité de tout cela aux médias britanniques avec leur
philosophie que “rien ne marche” et l’ image qu’ils donnent constamment d'une
société en déclin permanent. Le gouvernement, ne tenant pas compte du résultat de ses
recherches, répond à la pression des médias et choisit des peines d'emprisonnement de plus en plus
longues pour de plus en plus de délinquants.
Quel a
été l'impact sur la criminalité? La Commission pour la réforme des prisons cite
des chiffres officiels qui démontrent comment le surpeuplement des prisons augmente le taux de récidive. En
1995, 56% des ex-prisonniers commettaient de nouveaux crimes dans les deux ans
qui suivaient leur remise en liberté – maintenant, il y en a 67%. Par contre, le taux de récidive parmi
ceux dont les sanctions sont appliquées en milieu ouvert serait de 53%.
Les
gouverneurs des prisons disent que la cause du problème est le surpeuplement, car les prisonniers sont
déplacés de plus en plus loin de chez eux. Ils perdent le contact avec leur
famille et, bien entendu, perdent leur emploi. Toute forme de traitement,
d’enseignement ou de formation est interrompue. Désormais, la plupart des
prisons n'atteignent pas leurs buts en ce qui concernent “l'activité utile”.
Le premier
ministre avance prétend que les droits des victimes devraient l'emporter sur
les droits des accusés. Le droit le plus important des victimes est celui de
réduire le risque qu’elles se
retrouvent
à
nouveau victime d'un crime. Alors qu'est-ce qui marche vraiment? Les résultats
de recherches inédites du ministère de l'Intérieur, qui ont évalué l'efficacité
économique des moyens de réduire la criminalité, sont étonnants.
En
calculant la réduction du nombre de crimes par £1000 dépensés, on se rend
compte que les traitements actuels contre la toxicomanie ne préviennent que 1,3
crimes par £1000. Le problème ici est peut-être qu'il existe très peu de places
résidentielles pour soigner la toxicomanie, tandis que la plupart des accros
ont besoin d'une assistance intensive.
L'envoi
de policiers dans des zones à haute criminalité prévient 1,9 crimes. Les
programmes en prison pour la réduction du taux de récidive préviennent 2,3
crimes. Mais les programmes destinés aux parents préviennent 11 crimes. Et des
Commissions pour l'inclusion et le soutien des jeunes préviennent 15 crimes par £1000 dépensés.
Les
ministres du gouvernement, les deux yeux fixés sur les médias, ne tiennent pas
compte de leurs succès et ignorent les conseils de
leurs experts. Le nombre de détenus
continue à augmenter, mais avec très peu d'impact sur la criminalité. Des
recherches du ministère de l'Intérieur démontrent que chaque augmentation de
15% du taux d'emprisonnement ne fait diminuer la criminalité que de 1%.
Il en
coûte £37 000 par année pour garder un prisonnier en détention. En janvier
2004, la Commission des audits a critiqué ce gaspillage, en calculant
rigoureusement l'argent mal dépensé
jusqu'à ce qu’un adolescent soit envoyé en prison. La Commission, l'organisme
officiel qui effectue les audits du gouvernement au niveau régional, a estimé
le coût de l'assistance qu'une famille en difficulté pourrait recevoir, mais ne
reçoit que rarement. Cette assistance pourrait inclure “Sure Start”, du soutien
aux parents, du soutien linguistique, la psychologie pédagogique, la gestion de
la colère et la disponibilité d'un assistant pédagogique pour soutenir les jeunes
au niveau scolaire. La somme qui pourrait être dépensée pour ces interventions
précoces a été estimée à £42 000. Les calculs ont démontré que cet
investissement permettrait d'économiser £113 000 chaque fois qu’une
incarcération est évitée grâce aux interventions.
Le
ministère de l'Intérieur insiste qu'il a prévu des alternatives viables à la
détention. Par exemple, des sanctions rigoureuses en milieu ouvert peuvent
inclure toute une gamme d'exigences, comme le travail bénévole, un traitement
antidrogue et un couvre-feu. Un porte-parole a dit que des sanctions
constructives en milieu ouvert peuvent jouer un rôle important dans la réduction
du taux de récidive parmi les auteurs de délits moins graves, alors qu'il faut
continuer à utiliser l'emprisonnement pour protéger le public contre les
auteurs d'infractions plus graves : ceux qui sont violents, dangereux ou
gravement persistants.
Lord Phillips, juge en chef de la Cour d'appel d’Angleterre et du Pays de
Galles, est d'accord que la prison doit demeurer la punition pour les
délinquants dangereux. Il est convaincu que l'endroit approprié pour la
réhabilitation est la communauté. Il dit: “Le surpeuplement des prisons s'avère
absolument catastrophique pour tout effort de prendre en main le traitement des
détenus.”
L’honorable
juge Baker, QC, de la Cour supérieure, s'est vu souvent critiquer récemment
pour avoir prononcé des sanctions trop légères. Dans une entrevue pour le
journal The Guardian, il a affirmé
que: “La prison fait empirer beaucoup de criminels, en particulier les jeunes,
et n'est pas du tout souhaitable. La prison n'est pas conçue de façon à
promouvoir la réhabilitation”.
Lord Woolf, qui a pris sa retraite, l’année dernière, comme juge en chef de
la Cour d'appel, est d'avis qu’: “il nous faut mieux comprendre et accepter que
les principes déterminant le choix des sanctions ne se basent pas uniquement
sur le fait de punir les délinquants”.
Dans
l’article publié dans le Guardian
(17.08.05), il préconise un changement
fondamental dans l'utilisation de l'emprisonnement : limiter son
utilisation aux délinquants les plus dangereux et aux infractions les plus
graves et reconnaître des crimes particuliers et l’utiliser en dernier ressort
lorsque tous les autres efforts ont échoué. Il a souligné la nécessité de
trouver des moyens plus efficaces de réduire la criminalité.
“Si je
crois fermement que, pour les crimes graves et violents, il n'existe pas
d'alternative à une peine privative de liberté, je suis aussi fermement
convaincu qu'il faut prendre des démarches pour détourner les gens de la
criminalité. Nous ne voulons pas d'un système qui exclut des individus de la
société une fois qu'ils sont sortis
de prison.”
Lord
Woolf est en faveur de la justice réparatrice par laquelle les délinquants
feront réparent auprès des victimes les
conséquences de leur infraction; il suggère une utilisation plus répandue de
l'approche prise avec les jeunes délinquants par la Commission pour la justice
des mineurs, qui réunit plusieurs agences dans une lutte concertée contre les
racines de la criminalité. “Je vois une grande valeur dans l'évaluation des
besoins et des problèmes spécifiques de groupes particuliers”.
Le
Président du Comité des comptes publics, Edward Leigh, affirme qu'il est temps
que le nouveau ministre de l'Intérieur, John Reid, réfléchisse très
sérieusement sur les alternatives pratiques à l'emprisonnement, y compris la
surveillance électronique, pour trois groupes spécifiques de prisonniers, soit:
·
les 3900 prisonniers en détention préventive qui
se trouvent actuellement en prison, mais qui, lorsqu'ils seront jugés
coupables, ne recevront pas une peine privative de liberté : il s'agit
d'un tiers environ de tous les prisonniers placés en détention préventive.
Le taux de détention de mineurs au Royaume Uni figure parmi les plus élevés
en Europe occidentale. Le 30 juin 1995, il y avait 1675 mineurs âgés de 15 à 17
ans détenus (dans des prisons) ; 2479, deux ans plus tard et 2169, le 31
décembre 2004. Une tendance équivalente s'observe dans le cas de jeunes adultes
délinquants (âgés de 18 à 20 ans) : le 30 juin 1995, 5872 se trouvaient en
détention. Le nombre était passé à 7684 en 1997, et s'élevait à 8073, le 31
décembre 2004.
Une grande gamme
d'alternatives existe déjà. L'adoption de la Loi sur la criminalité et le
désordre public et l'établissement du service pour surveiller la Justice des
mineurs en Angleterre et au Pays de Galles, en 1998, ont souligné l'importance
d'examiner le comportement antisocial et la délinquance juvénile dans leur
ensemble. Les équipes créées pour la prise en charge de la délinquance juvénile
se composent de représentants de la police, des Services de probation et de
toute une série de services sociaux. Elles ont permis d'orienter plus
efficacement l'intervention en faveur des jeunes délinquants. Des réformes
sociales ont introduit plusieurs programmes destinés à s'adapter aux besoins
différents des enfants défavorisés de tous les âges, par exemple “Sure Start”
(début sûr), “Connections”, “Fonds pour Enfants”, “Programmes pour Inclure la
Jeunesse”, Action Positive pour les Jeunes”. Réduire le nombre d'adolescents et
jeunes adultes en détention a été considéré une priorité. On a instauré un
régime de sanctions communautaires alternatives: on y trouve des mesures de
supervision, de réhabilitation dans la communauté et des sanctions punitives.
Malheureusement, selon Gil-Robles: “ces initiatives bienvenues ont été
minées de manière significative par l'introduction d'une série d'ordonnances
civiles qui ont pour but de réduire la nuisance publique en milieu urbain, mais
dont l'effet principal a été que toute une série de personnes, surtout des
jeunes, sont entrées dans le système de justice pénale, et assez souvent se
sont retrouvées derrière les barreaux, sans forcément avoir commis une
infraction pénale reconnaissable”.
Les médias ont
convaincu la plupart des gens que la criminalité juvénile est en augmentation
et qu'il faut faire quelque chose pour la combattre. En réalité, le taux de
criminalité juvénile baisse. Le nombre
de mineurs âgés de 10 à 17 ans qui ont fait l'objet d'une condamnation ou d'un
avertissement a chuté de 143 600 à 105 700 entre 1992 et 2002, soit une baisse
de 26%. L'introduction des ASBO a eu pour conséquences une forte augmentation
du nombre de mineurs en détention, alors que la criminalité juvénile est en
baisse.
En
2001, l'Unité gouvernementale de l'exclusion sociale (SEU) a nommé cinq
fonctionnaires, à plein temps pendant neuf mois, pour analyser minutieusement
les statistiques et les recherches, visiter des prisons, interviewer des
experts et parler avec des fonctionnaires dans divers départements de l'État,
afin de réduire la récidive chez les anciens prisonniers. Ils ont publié leur
rapport en juillet 2002. La SEU a trouvé que les prisonniers mis en liberté
sortaient de détention inchangés et en
masse. Ils commettaient près d'un million d'infractions pénales par année. Ces
seuls délinquants coûtaient au moins GB£11 milliards par année, sans compter la
valeur des objets volés ou endommagés. En résumé, les conclusions de la SEU
étaient les suivantes:
a)
les peines de prison ne parviennent pas à
détourner la majorité des délinquants de la criminalité.
b)
une peine de prison peut empirer les choses et c'est souvent le cas.
c)
la véritable solution-clé pour réduire la
délinquance consiste à attaquer ses causes. La situation des sans-abri, le
chômage, les problèmes d'alcool et de toxicomanie, les problèmes de santé
mentale, les problèmes de santé physique, les problèmes académiques sont les
racines de la criminalité ; elles sont renforcées par l'impact de
l'emprisonnement.
Ces conclusions ont été appuyées de preuves irréfutables soumises par sept
départements gouvernementaux qui avaient été consultés. Elles ont été
transmises directement au premier ministre, qui les a accueillies favorablement
comme “une contribution significative à notre compréhension de ce qui est
efficace dans la lutte contre la criminalité”. C'était finalement une occasion
pour le système de justice pénale de commencer à faire changer les choses.
Malheureusement, à l’époque, le premier ministre était occupé par la lutte contre
les “voyous des coins de rue et des centres commerciaux”, et le rapport a été
enterré.
Parallèlement,
loin de la lumière des médias, les Équipes contre la délinquance juvénile du
gouvernement font des progrès.
Des
Programmes intensifs de soutien et de surveillance (ISSP) ont été introduits
pour prendre en charge les auteurs d'infractions graves et répétées. La plupart
sont sous surveillance électronique pour leur faire respecter un couvre-feu.
Ces jeunes délinquants reçoivent 25 heures par semaine d'enseignement et de
travail intensif avec une gamme de traitements contre l'alcool et la drogue,
ainsi qu’un soutien psychologique. Les premières évaluations des ISSP
démontrent une réduction très nette du taux de criminalité et de la gravité des
infractions commises après : des résultats bien meilleurs que ceux d'une
prison.
Un
programme ISSP coûte £8 500 sur six mois, alors qu’un séjour de six mois dans
une institution pour jeunes délinquants coûte £21 000. Les programmes ISSP
devraient désormais être offerts à la plupart des criminels non dangereux quel
que soit leur âge.
Les
Commissions pour l'inclusion et le soutien des jeunes (YISP) identifient les
enfants dont le comportement pourrait les mener vers la délinquance. Elles
rassemblent un grand nombre d'organisations, (des services sociaux aux clubs
sportifs), pour aider à les détourner d'une carrière criminelle. En notant les
enfants de 8 à 13 ans selon une liste de facteurs de risque, les Commissions
peuvent repérer les enfants susceptibles d'être gravement impliqués dans la
criminalité avant d'atteindre l'âge adulte, même s'ils n'ont pas encore commis
une seule infraction. Vraisemblablement, si les enfants de cet âge dérapent, le
risque est élevé qu'ils finiront par devenir des criminels adultes persistants
ou violents. Un enfant est considéré à risque s'il correspond à au moins six
catégories sur une liste de neuf points, y compris un comportement antisocial
répété, une attitude indisciplinée à l'école, l'exclusion des cours et une mère
incapable de contrôler son incivilité, son agressivité et ses crises de colère.
Malheureusement, les jeunes délinquants n'ont pas la priorité et les
interventions précoces sont généralement ignorées, non seulement au
Royaume-Uni, mais à l'échelle mondiale.
Le 11ème Congrès des Nations Unies sur la Prévention du Crime
et la Justice Criminelle, qui a eu lieu
du 18 au 25 avril à Bangkok, en Thaïlande, a eu pour objectif général de
promouvoir l'adoption, dans le monde
entier, des politiques de prévention des délits et des mesures de justice
pénale plus justes et efficaces.
Le Congrès a réuni des délégations gouvernementales, des représentants
d’organisations intergouvernementales et non gouvernementales, des organismes
des Nations Unies et des experts liés au domaine de la justice pénale. 2.370 personnes
y ont participé parmi les quelles des représentants des gouvernements et de 167
organisations non gouvernementales de même que
1 135 experts indépendants.
Bien que les recommandations issues du 11ème Congrès auront des
impacts sur le développement des politiques de
justice criminelle et consolideront l'application de la loi en
promouvant la prévention dans chaque pays, le Congrès ne s'est pas
particulièrement occupé du domaine spécialisé de l'administration de la Justice
pour les mineurs. En effet, aucune ligne directrice n'a été définie pour les
États sur le développement de politiques et de programmes liés aux enfants,
filles et garçons, et adolescentes et adolescents en conflit avec la loi, tel que l'exigent la Convention
sur les droits de l'enfant et les autres instruments des Nations Unies.
Dans leurs discours prononcés, lors de l’ouverture officielle du
Congrès, Antonio María Costa,
directeur exécutif du Bureau des Nations Unies sur les drogues et le crime
(UNODC), Suwat Liptapanlop, ministre de la Justice de la Thaïlande (Président
du 11ème Congrès) et Kofi Annan, secrétaire général des Nations
Unies (discours prononcé par le directeur exécutif de UNODC), ont traité avec
emphase de la problématique de la lutte contre le terrorisme. Cependant,
d'autres sujets, dont l'administration de la Justice pour les mineurs, n'ont
pas été abordés.
De même, au cours de l'étape finale du Congrès,
(c'est-à-dire les débats sur la rédaction du projet de Déclaration), on a insisté autant sur la situation des enfants
(filles et garçons) et des adolescentes et adolescents qui commettent des infractions
à la loi que sur la situation de ceux qui sont victimes de délits, en
confondant les thématiques et les réalités distinctes qui correspondent à des
domaines spécialisés de travail. Le paragraphe No. 25 du texte préliminaire du
projet de Déclaration du Congrès est un bon exemple de ce point de vue
uniforme.
C’est pourquoi, à la fin du 11ème Congrès, il n'y a plus aucun doute qu'il
reste encore beaucoup à faire dans le domaine international pour promouvoir la
Convention sur les droits de l'enfant dans le contexte de la justice des mineurs. C'est le défi des
organisations qui se consacrent à la promotion et à la protection des droits
des enfants et, en général, de toutes les organisations de défense des Droits
de l'Homme, en supposant que la meilleure prévention consiste à créer des opportunités pour l'exercice des droits des enfants (filles et garçons) et adolescentes et adolescents.
Il s’agit d’un des thèmes principaux de notre Congrès à
Belfast – du 27 août au 1 septembre 2006. Vous pourriez y être!
Willie McCarney, Président
PRIX VEILLARD-CYBULSKI 2006
L'Association Fonds
Veillard-Cybulski, a comme but,
notamment, de récompenser des travaux particulièrement méritants, surtout ceux
qui apportent une contribution novatrice au perfectionnement des méthodes de
traitement des enfants et adolescents et de leur famille en difficulté.
A cet effet,
elle a institué un Prix Veillard-Cybulski.
Règles (résumé)
• Le prix est décerné tous les 4 ans à l'occasion du
congrès quadriennal de l'Association Internationale des Magistrats de la
Jeunesse et de la Famille (AIMJF).
• Les travaux des candidats sont remis en français, anglais ou
espagnol, en quatre exemplaires, avec un résumé de dix pages au plus, à
l'adresse de l'Association Fonds Veillard-Cybulski.
• Le prochain prix sera décerné en 2006. Les travaux doivent
parvenir au plus tard le 31 octobre 2005. Ils ne seront pas restitués.
• Le lauréat recevra un prix de CHF 10'000 (dix mille francs
suisses). Le Comité de l'AFVC détermine, le cas échéant, le montant du
second prix. Au cas où des lauréats seraient classés ex-æquo, il serait procédé
à un partage entre eux, sans que le montant total des prix ne soit augmenté.
Sion, novembre 2002
Le Prix Veillard-Cybulski 2006 sera
présenté à 11h30, vendredi 1er septembre 2006,
pendant le XVII Congrès Mondial à Belfast, Irlande du Nord.
Toute demande d'information est à envoyer à l'adresse suivante:
Association Fonds Veillard-Cybulski
c/o Institut international des Droits de l'Enfant (IDE)
Case postale 4176, CH-1950 Sion 4 - Suisse.
Tél: (+41) 27-205.73.00; Fax: (+41) 27-205.73.02. Email : ide@iukb.ch
SANCTIONS ALTERNATIVES
Les exemples
suivants d’expériences innovantes dans le domaine de "sanctions
alternatives" proviennent d'une publication récente du Groupe de coordination Inter-agences sur la Justice pour
Mineurs – “Protéger les
droits des enfants en conflit avec la loi”. Cette publication est le fruit des efforts de la collaboration
de tous les membres du Groupe.
Les expériences de plaidoyer et de
programmes en faveur de la réforme de la justice pour mineurs qui sont
présentées représentent la diversité des démarches des organisations membres du
Groupe de coordination inter-agences sur la justice pour mineurs. Ce choix
d’expériences couvre cinq catégories: l’assistance juridique, les sanctions
alternatives, la formation, la sensibilisation et la promotion, ainsi que la
surveillance et la rédaction de rapports. Chacune de ces pratiques fait partie
d’efforts plus vastes développés sur plusieurs niveaux de réforme de la justice
pour les enfants. Elles sont présentées pour faire connaître des tactiques prometteuses
permettant d’améliorer la protection des enfants en conflit avec la loi et de
stimuler des idées et des actions pour de prochaines réformes.
Dans ce numéro de la
Chronique on met l'accent sur les sanctions alternatives. Toute personne
désireuse de lire la publication en entier devrait contacter une des agences
sur la liste.
Willie McCarney, Rédacteur en Chef
1. Mesures
alternatives centrées sur la communauté et réintégration grâce à l’éducation
entre camarades
Organisations participantes
:
Free Legal Assistance Volunteers
Association (FREELAVA)
Save the Children UK
Pays : Philippines (île de Cebu, archipel Visayas)
Contexte
Des recherches ont montré qu’aux
Philippines les enfants en conflit avec la loi subissent un niveau
particulièrement élevé d’abus lors de l’arrestation et de la garde à vue. Les
conditions des lieux de détention sont généralement mauvaises et les enfants
sont souvent détenus avec les adultes. Il n’y a pour ainsi dire pas
d’expérience pratique de programme de prévention de la délinquance ou de
mesures alternatives et peu d’assistance à la réintégration des enfants de
retour dans leur communauté après une période de détention.
Il n’y a actuellement pas de
législation établissant un système à part pour traiter les cas des enfants en
conflit avec la loi. Plusieurs projets ou propositions de loi sur la justice
pour mineurs sont en attente devant le Congrès. La prévention de la délinquance
et les mesures alternatives sont des composantes de ces propositions, mais il
n’y a encore que très peu d’exemples pratiques qui puissent servir de modèles.
Ce projet est l’un d’eux.
Ce qui s’est fait
En octobre 2001 SCUK a formé un
partenariat avec FREELAVA (ONG bien connue, active à Cebu, la deuxième ville
des Philippines) pour établir un programme de mesures alternatives centrées sur
la communauté et de réintégration grâce à l’éducation entre camarades. Celui-ci
a pour objet d’éviter aux mineurs d’être jugés par le système judiciaire
officiel, de les aider à changer de comportement, de les réintégrer après leur
libération et d’institutionnaliser un modèle de prévention de la délinquance.[1]
Le système de mesures alternatives est
prévu pour les délits les moins graves qui constituent la grande majorité des
cas dans lesquels les enfants sont effectivement arrêtés et gardés à vue. De
plus, des recherches faites à Cebu indiquent que 94% des enfants arrêtés par la
police entre 1999 et 2001 ne sont pas des récidivistes. Le projet ne considère
pas que les mesures alternatives soient appropriées pour les cas de meurtres,
de violence extrême, de viols, de trafic de drogue ou pour les cas de récidives
multiples. Néanmoins, le système de réintégration après détention pourrait
aussi venir en aide à ce type de délinquants.
Le projet fonctionne maintenant dans 12
districts de gouvernements locaux appelés “barangays”, dont la population varie
de 10.000 à 100.000 habitants. Dans chacun d’eux, un Comité de justice des
enfants (CJE) a été établi pour résoudre les cas d’infractions les moins graves
par la voie de la médiation, au lieu de faire qu’un enfant soit arrêté formellement
et mis en garde à vue, avant d’être déféré au juge. Le CJE a 11 membres mais ce
sont le président et le vice-président qui généralement conduisent les
affaires, tout en tenant compte des apports des autres membres.
Dans chaque barangay, des volontaires
de la communauté et de jeunes éducateurs - ce sont des jeunes qui eux-mêmes ont
été auparavant en conflit avec la loi - conseillent et aident les enfants
amenés devant le CJE ou ceux qui reviennent dans leur quartier après avoir été
libérés de prison. Autant les volontaires de la communauté que les jeunes
éducateurs ont été préalablement formés. Il y a habituellement environ 10
volontaires communautaires et 10 jeunes éducateurs dans chaque barangay. Un
effort est fait pour que les volontaires de la communauté proviennent de ses
divers quartiers. Les exigences minimales pour devenir volontaire sont d’être
intéressé à aider des jeunes, de connaître la loi, d’avoir des aptitudes pour
communiquer et de la patience. Leur formation ensuite aide à développer ces aptitudes.
Les volontaires de la communauté se réunissent une fois par mois et font des
rapports oraux qui sont enregistrés par FREELAVA. Les volontaires sont bien
connus des membres du CJE et on leur demande parfois d’être aux réunions de
médiation du Comité ou d’assister un enfant après la réunion.
Les jeunes éducateurs sont choisis
parmi ceux des anciens délinquants qui ont adopté une attitude et un style de
vie positifs après leur libération, souvent grâce à l’aide d’un volontaire de
la communauté. Les jeunes éducateurs sont instruits sur la Convention relative
aux droits de l’enfant, les qualités de chef et sur l’importance du respect des
autres. Sous la direction de l’équipe en charge du projet et des volontaires
communautaires, leur rôle est d’aider les enfants qui ont été amenés devant le
CJE. Cela signifie souvent qu’ils participent avec ces enfants à des activités
sportives et culturelles. Nombreux parmi eux sont d’ailleurs retournés à
l’école grâce à l’aide financière de FREELAVA. Pour le moment il n’y a pas de
filles parmi les jeunes éducateurs. Les filles ne constituent que 3% des délinquants,
et, contrairement aux garçons, elles sont habituellement prises en charge par
le département du bien-être social à cause de leur vulnérabilité évidente.
Parmi ses propres collaborateurs,
FREELAVA désigne ceux qui assistent les volontaires communautaires et les
jeunes éducateurs de chaque barangay. Il existe aussi un groupe de parents de
jeunes éducateurs.
En quoi s’agit-il d’une
bonne pratique ?
Réalisations
• L’autorité locale d’un barangay a
informé que 1000 enfants avaient pu éviter le système judiciaire officiel
pendant les deux ans d’application du projet.
• Il y a environ 120 volontaires
communautaires préparés travaillant dans le projet en contact avec les CJE dans
les 12 barangays. Les 10 volontaires du barangay Ermita travaillent avec
environ 200 enfants en conflit avec la loi : le succès du projet dans ce
barangay montre le besoin urgent de disposer de plus de volontaires.
• Le fait qu’un nombre consistant de
volontaires communautaires aient été élus aux CJE en 2003 indique que leur
travail a été apprécié.
• Il y a environ 100 jeunes éducateurs.
Ils disent que leur relation avec les volontaires a changé la perception qu’ils
ont d’eux-mêmes ; ils trouvent maintenant qu’ils ont une valeur. Ils ont
plaisir à aider d’autres enfants en racontant leurs propres expériences et en
les conduisant à leurs activités. Le projet a donc à la fois réintégré
socialement les jeunes éducateurs tout en les aidant à jouer un rôle positif
dans la vie de jeunes délinquants.
• La police semble avoir une attitude
positive envers les jeunes éducateurs.
• Les cellules dans les centres de
détention des barangays ne sont plus utilisées pour les enfants. Si nécessaire,
les enfants sont gardés dans des pièces non fermées à clé. S’ils ont été
appréhendés, les enfants ne sont en principe pas retenus la nuit.
• La police locale a maintenant une
bonne connaissance des droits de l’enfant. Les policiers ne mettent pas les
menottes aux enfants, mais leur expliquent plutôt pourquoi ils sont appréhendés
et conduits devant le CJE et non pas au poste de police.
• La médiation suit un protocole
établi. Des copies de l’accord sont remises à la victime, au délinquant, au CJE
et à FREELAVA. Les dossiers restent confidentiels. Un rapport général de
l’ensemble des cas traités est envoyé chaque trimestre au département
correspondant du gouvernement local.
• Une trentaine d’enfants récemment
libérés ont été regroupés pendant deux jours lors d’une réunion au cours de
laquelle ils ont fait part de leurs expériences dans le système judiciaire
officiel.
• FREELAVA cherche d’autres façons
d’établir des CJE dans les gouvernements locaux afin qu’ils puissent s’adapter
à des barangays moins progressistes ou ayant des structures différentes.
FREELAVA établit des relations avec d’autres ONG impliquées dans la protection
des enfants et intéressées au soutien des enfants en conflit avec la loi.
Conditions nécessaires
• De bonnes relations avec les
présidents et les conseillers des barangays et avec les maires des
municipalités. Cela peut aussi aider à faire instituer la structure du CJE par
voie d’ordonnances locales.
• Continuité : les élections peuvent
apporter des changements importants parmi le personnel des gouvernements
locaux, raison pour laquelle il faut trouver des moyens d’assurer la continuité
des membres des CJE.
• Engagement : de la part des membres
des CJE et de nombreuses ONG, si le concept des volontaires communautaires et
des jeunes éducateurs doit pouvoir être reproduit.
• Contrôle et évaluation : des
évaluations quantitatives et qualitatives sont en cours ; il en est ainsi pour
le nombre d’enfants suivis par les CJE, le nombre d’accords passés, d’appuis
donnés, le travail des volontaires communautaires et des jeunes éducateurs (y
compris leurs propres opinions à son sujet), la façon dont le travail de
médiation est mené et évalué par les personnes concernées, les liens avec les
travailleurs sociaux, les gouvernements locaux et les ONG.
• Suivi des cas des enfants qui sont
passés devant les CJE, afin de déterminer les impacts à long terme sur eux en
relation avec leur réintégration dans la société.
Document source:
Consolidated Study on
Children in Conflict with the Law in Urban Areas of Metro Manila, Cebu &
Davao, (based on 3 research studies by Etemadi, Ramirez and Templa) compiled by
John Parry-Williams, 2003, SCUK Visits Reports.
2. Mécanismes alternatifs de résolution des
conflits au niveau de la communauté
Organisations participantes
:
ONUDC et autres partenaires
Pays : Sénégal
Contexte
La criminalité urbaine à Dakar est un
phénomène largement lié à la jeunesse. Parmi les jeunes, cette délinquance
prend surtout la forme de larcins (par ex. sur les véhicules parqués) et de
vols (par ex. vol à la tire). Cependant les attaques contre les personnes et
l’usage de la violence dans la rue ont augmenté au cours des années passées, y
compris les homicides et les vols à main armée, et nourrissent un sentiment
croissant d’insécurité, qui a conduit à la prolifération des sociétés de gardiennage
et de sécurité.
Les banlieues de Dakar, où sont
relégués les secteurs les plus pauvres de la population, sont devenues des
zones de marginalisation, de violence et de danger. La misère de la population
vivant dans ces districts délabrés et déshérités n’est pas qu’un problème
économique mais aussi social. Les gens qui vivent dans ces secteurs sentent
qu’ils n’ont pas le droit d’attendre le même niveau de soins médicaux,
d’éducation, de bien-être ou de sécurité que les autres secteurs de la
population. Cela conduit à l’érosion du sentiment d’appartenance à la
communauté, une impression renforcée par l’absence de services publics fournis
par l’Etat dans les banlieues. C’est largement ce sens de l’exclusion de la
communauté qui mène à la violence et à la délinquance.
La réduction de la criminalité urbaine
et de la délinquance juvénile ne peut se faire que par le biais d’initiatives
proches de la communauté, telles que l’implantation d’une police et d’une
justice de voisinage et avec l’installation de centres judiciaires. Il est
important que le système judiciaire soit plus proche du public pour pouvoir
régler les différends de la vie quotidienne, telles que des querelles de
voisinage, des incidents issus de larcins ou de dommages mineurs à la
propriété, les disputes familiales, ou encore les défauts de paiement de
pensions alimentaires ou de présentation des enfants pour les droits de visite.
L’approche judiciaire conventionnelle n’est pas la réponse la plus appropriée
car elle n’assure pas dans tous les cas un prompt accès à la justice. De plus,
il convient de réduire le recours à la détention des jeunes en conflit avec la
loi. Conformément aux normes internationales sur la justice pour les mineurs,
la privation de liberté ne doit être utilisée qu’en dernier recours et pour la
période la plus courte possible.
Ce qui s’est fait
Des Centres judiciaires sont installés
au coeur de districts déshérités de Dakar (Rufisque, Diamaguène-Sicap et HLM)
dans le but d’y faciliter l’accès à la justice pour tous. Ils fournissent le
cadre institutionnel pour la médiation et la réconciliation.
Ils sont destinés à:
• améliorer l’accès à la justice dans
les banlieues pauvres de Dakar;
• promouvoir une justice de réparation
comme réponse alternative aux conflits des enfants avec la loi;
• favoriser des efforts de prévention
pour réduire la criminalité urbaine et les conflits des enfants avec la loi.
Sous la supervision du procureur
général, les Centres judiciaires sont dirigés par un médiateur-conciliateur qui
est désigné selon les procédures établies par la loi, assisté d’un modérateur-coordinateur.
Ces personnes établissent des liens avec les agences gouvernementales responsables
des affaires sociales, des mineurs en danger, des jeunes en conflit avec la
loi, du contrôle des drogues, etc., ainsi qu’avec les autorités municipales et
les organisations non gouvernementales travaillant dans ces secteurs. Le
médiateur-conciliateur rend compte des cas concrets à l’autorité chargée des procédures
pénales et s’assure que les divers partenaires qui ont signé l’accord en vue
d’établir le Centre judiciaire, soient informés de ses activités.
Dans chaque Centre, un comité de
direction a été institué. Il réunit les membres permanents du Centre (par
exemple, le médiateur-conciliateur et le modérateur-coordinateur), des
fonctionnaires locaux (personnel de la mairie, de la justice et de la police)
et des représentants d’associations d’habitants et d’organisations non
gouvernementales travaillant en liaison avec le Centre. Le comité de direction
examine et observe les problèmes locaux ayant à voir avec l’insécurité et la
violence dans les secteurs déshérités entrant dans la juridiction du Centre et
trace un plan des activités de prévention prioritaires à entreprendre sur
place.
Une formation a été donnée au personnel
qui travaille dans les Centres judiciaires ou en liaison avec eux afin de les
préparer à leurs nouvelles fonctions. Les ateliers de formation incluent des
cours sur les méthodes de prévention de la criminalité urbaine, l’assistance
aux victimes (conseils et soutien) et les techniques de médiation et de
conciliation pénales
Une campagne d’information publique a
été organisée. Des tracts informant sur les Centres judiciaires, le rôle du
médiateur-conciliateur et la fonction du service de police de voisinage ont été
distribués dans les lieux publics.
L’Etat sénégalais et le conseil
municipal de Dakar soutiennent cette initiative en termes institutionnels et
financiers. Un accord cadre pour la constitution de Centres judiciaires a été
élaboré pour déterminer la part des coûts payable par chacune des parties
impliquées et les arrangements à faire pour le financement des opérations.
En quoi s’agit-il d’une bonne pratique
?
Réalisations
• Accès à la justice : la médiation et
la conciliation pénales constituent une approche alternative aux procédures
judiciaires dans les affaires pénales. Ces formes de justice réparatrice sont
plus à même d’inculquer au délinquant le sens des responsabilités, de combler
les attentes de la victime et ainsi de désamorcer les tensions dans la
communauté.
• Ressources accrues : l’implication
des communautés locales dans les pratiques de conciliation et de compensation
donnent accès à des ressources humaines, matérielles et financières locales et
qui seraient inaccessibles d’une autre façon.
• Réhabilitation et réintégration : la
résolution des conflits au niveau de la communauté permet la réhabilitation et
la réintégration sociale des délinquants. Cette approche est en accord avec la
Convention relative aux droits de l’enfant et avec les autres normes
internationales en matière de justice pour mineurs.
• Réduction du nombre des détentions de
mineurs en conflit avec la loi : les mécanismes alternatifs de résolution des
conflits réduisent grandement l’usage de la détention préventive et des
sanctions privatives de liberté.
Conditions nécessaires
• Coopération de la population locale.
Pour obtenir des résultats durables, il faut que les institutions locales aient
des fondations solides. Celles-ci ne peuvent être construites qu’avec la
coopération de la population locale. Les gens doivent sentir que les éléments
de la justice leur appartiennent.
• Bâtiments des centres judiciaires.
Les installations nécessaires doivent être bien déterminées, choisies et
remises à neuf. L’équipement nécessaire doit être trouvé et installé.
• Une base légale est nécessaire ; la
législation devrait être révisée et adaptée en conséquence.
Document source:
Project document
UNODC - FS/SEN/02/R36 “Crime Prevention in the Dakar region”.
3. Les Conseils locaux comme tribunaux de
première instance pour les enfants en conflit avec la loi
Organisations participantes
:
Défense des enfants International-Ouganda
Legal Aid Clinic
Save the Children
Gouvernements locaux
Pays : Ouganda
Contexte
La constitution de la République
d’Ouganda prévoit la création de Conseils locaux dans le cadre de la
décentralisation du pouvoir. Les Conseils locaux sont les unités de base
disposant de pouvoirs administratifs, législatifs et judiciaires pour le compte
du gouvernement.2
Les Conseils locaux dans leur fonction
judiciaire ont le pouvoir de traiter des délits mineurs et des contraventions.
La loi sur les enfants donne aussi aux Conseils locaux la responsabilité de
protéger et promouvoir les droits et le bien-être des enfants.
Cependant, une analyse de la situation
conduite en 2000 par DEI et d’autres partenaires, a montré que les Conseils
locaux en fait ne traitaient pas des délits mineurs comme le prévoit la
législation, car ils donnaient la priorité aux cas n’impliquant pas les enfants
en conflit avec la loi. En conséquence il y a eu une forte augmentation des
délits mineurs imputés à des enfants dans le système judiciaire formel.
Ce qui s’est fait
DEI-Ouganda a ai dé les Conseils locaux
à mettre en oeuvre des mesures cherchant à respecter les droits des enfants.
Afin de renforcer leur capacité à traiter des cas de mineurs, les Conseils
locaux ont été sensibilisés à leur rôle de protection des enfants en conflit
avec la loi.
Une formation et un soutien spécifique
ont été apportés aux Conseils locaux et ont concerné:
• leurs rôles et compétence quant au traitement des cas impliquant des
enfants;
• la récolte de données et leur gestion;
• les mesures alternatives et leur importance;
• la médiation et la justice réparatrice;
• le renforcement de
la capacité à suivre les cas et à promouvoir la réhabilitation des enfants
délinquants;
• appui logistique.
Ensemble avec le Comité de la justice
pour mineurs au niveau national, DEI appuie les activités de formation en
matière de:
• droits des enfants, croissance et développement;
• aptitude à conseiller et à communiquer amicalement avec les enfants;
• récolte et traitement de données;
• réhabilitation et réintégration des enfants;
• aptitude à diriger ainsi qu’à la comptabilité, à la pédagogie, à
l’observation et à l’évaluation.
Une formation plus avancée sur la
médiation et la justice réparatrice a été donnée à des Conseils locaux choisis
dans le district de Kampala. Save the Children, pour sa part, mène aussi des
activités de formation avec les Conseils locaux afin de renforcer leur capacité
à agir comme tribunaux de première instance.
Des personnes ont été choisies au sein
des Conseils locaux et formées pour suivre les enfants en conflit avec la loi
et garantir leur réintégration et leur réhabilitation.
En quoi s’agit-il d’une bonne pratique?
Réalisations
• Accroissement du nombre de cas
traités hors du système judiciaire:
là où les capacités des Conseils locaux
ont été renforcées, ceux-ci ont effectivement traité les cas intéressant des enfants
et n’ont renvoyé que les cas les plus compliqués à la police et aux bureaux de
probation du bien-être social. En conséquence, de nombreux cas de mineurs ont
pu être écartés du système judiciaire formel.
• Utilisation et acceptation publique
des sanctions non privatives de liberté: les Conseils locaux ont pu recourir à
des mesures alternatives telles que la compensation, les excuses, et la
restitution. Ils ont aussi été à la pointe des campagnes de sensibilisation
destinées à enseigner aux communautés environnantes la valeur des sanctions non
privatives de liberté.
• Prévention des mauvais traitements :
étant donné l’inadéquation des installations de détention préventive et
d’incarcération, l’utilisation des Conseils locaux pour traiter les cas
concernant les enfants a empêché ceux-ci d’être maltraités ou d’apprendre des
comportements négatifs dans les centres de détention.
• Maintien des enfants à l’école : le
traitement des cas d’enfants par les Conseils locaux évite à ceux qui sont
scolarisés de manquer l’école comme lorsqu’ils sont en détention préventive ou
incarcérés.
Conditions nécessaires
• Sensibilisation de la communauté :
DEI réalise des campagnes de sensibilisation d’envergure pour promouvoir les
droits de l’enfant. Ils animent un programme de radio interactif sur la station
de radio nationale. Celui-ci fournit aux enfants une plate-forme leur
permettant de discuter des questions les concernant. Il est aussi utile pour
sensibiliser le public sur les droits et les responsabilités des enfants et
fournit des informations sur la législation pertinente. L’audience cible inclut
les Conseils locaux, les parents, les responsables locaux et les autres
personnes concernées.
• Participation des enfants : car il
est nécessaire qu’ils soient impliqués dans les questions affectant leurs vies.
• Volonté politique et engagement de la
part des responsables des gouvernements locaux de donner la priorité aux
questions concernant les enfants.
Documents source:
Report on a Strategy
Development and Training Seminar on the administration of Juvenile Justice in
Uganda, DEI Uganda, October 2000; Juvenile Justice in Uganda: A Situation Analysis
UNCIEF/SC (UK), September 2000; An Evaluation of the Juvenile Justice Programme
in 4 pilot districts of Kampala, Gulu, Hoima and Masaka, SC (UK),2003;
Evaluation Report on the Programme of Strengthening the Capacity of Local Council
Committees to handle child related cases in Kampala District. Legal Aid Clinic,
December 2003; Report on the Evaluation of Restorative Justice Program in Kampala
District, Legal Aid Clinic, April 2004; Children’s Act 199; NGO Complementary
Report on the Implementation of the UN Convention on the Rights of the Child in
Uganda, Uganda Child Rights NGO Network, December 2002.
4. Unités de médiation pour les enfants au
niveau des villages sous supervision du Ministère de la justice
Organisations participantes
:
- Ministère de la justice de la
République Démocratique Populaire Lao (RDP Lao)
- Save the Children UK
Pays : RDP Lao
Contexte
Dans la RDP Lao, les villages
connaissent depuis longtemps des unités de médiation pour résoudre les conflits
civils entre adultes, ainsi que certains conflits pénaux. Leur rôle avait été
fixé légalement en 1997 par une directive du Ministère de la justice. Dans le
cadre d’un Projet de justice pour mineurs,3 Save the Children UK et le Ministère de la justice Lao
ont réalisé une recherche en 2002 pour trouver comment les Unités de médiation
de village pourraient être adaptées pour résoudre les questions concernant
enfants en conflit avec la loi. La recherche a exploré la possibilité d’établir
des Unités de médiation pour les mineurs qui seraient liées aux structures
existantes des Unités de médiation de village.
Ce qui s’est fait
Formant partie d’un projet plus vaste
de justice pour mineurs, destiné à promouvoir les mesures alternatives et à
renforcer les capacités institutionnelles, les Unités de médiation pour les
mineurs (UMM) opérant au niveau des villages sont appuyées par Save the Children
UK et le Ministère de la justice lao. Elles interviennent dans les cas
impliquant des mineurs, qu’ils soient dénoncés par les victimes, la police
locale ou même les parents. Les médiateurs ont souvent une expérience acquise
dans la médiation d’affaires entre adultes. Certains médiateurs pour enfants
ont été formés dans le cadre du Projet de justice pour mineurs et sont
encouragés à transmettre à d’autres leurs connaissances spécialisées en matière
de droits des enfants.
La médiation n’aura pas lieu si les
mineurs ne reconnaissent pas le délit. Si le délit est trop grave (meurtre,
viol, violence extrême par exemple), le cas sera remis à la police. Si on ne trouve
pas d’accord, c’est la personne qui a soumis le cas de l’enfant qui doit
décider de la suite à donner.
Une équipe centrale de direction
composée de fonctionnaires du Ministère de la justice supervise le projet au
nom du ministre. Au niveau des provinces, il y a un comité de contrôle
provincial et une équipe provinciale d’opérations et de formation ; au niveau
des districts, on trouve un comité de district de mise en oeuvre et de
contrôle. A l’exception de l’équipe centrale de direction, ces organes sont
constitués d’un panachage de fonctionnaires de l’appareil judiciaire pénal
(magistrats et procureurs), de la police, de représentants des organisations de
masse (Union des femmes Lao, Union de la jeunesse Lao) et d’autres ministères
concernés. Pour garantir la durabilité du projet, d’autres ministères concernés
sont aussi représentés dans les activités de l’équipe centrale de direction.
D’autres composantes clés du projet
incluent:
• Mesures alternatives : le village, la
police et le bureau du procureur sont encouragés à utiliser des mesures
alternatives aux tribunaux en recourant à des méthodes de justice réparatrice,
telles qu’avertissements, rééducation, travail communautaire et médiation entre
victime et délinquant.
• Récolte de données sur les enfants :
les 8 provinces recueillent les données sur les mesures alternatives mises en
oeuvre par les unités de médiation pour les mineurs, la police et les
procureurs, ainsi que sur les enfants comparaissant devant les tribunaux et les
jugements. Les données indiquent les mesures alternatives utilisées mais pas
les délits commis.
• Formation et diffusion de bonnes
pratiques : la formation du personnel de la justice pénale, des médiateurs des
unités de médiation, et de ceux participant à la prévention du délit, comprend
la connaissance et la compréhension des implications de la Convention relative
aux droits de l’enfant, des instruments internationaux, de la loi laotienne et
des bonnes pratiques. Un élément important a été la production et la traduction
en laotien de matériels d’enseignement et d’exemples de bonnes pratiques.
• Ecouter les enfants : les avis des
enfants sont de plus en plus sollicités et écoutés par les médiateurs, la
police, les procureurs et les tribunaux, mais seulement dans une phase initiale.
En quoi s’agit-il d’une bonne pratique
?
Réalisations
• Des données sur les enfants ayant
bénéficié de mesures alternatives et ceux conduits devant un juge ont été
rassemblées par l’Equipe centrale de direction du ministère de la justice pour
la première fois en 2004. Ces données couvrent les 8 provinces incluses dans le
projet.
• Du nombre total d’enfants soumis à
l’attention des médiateurs, procureurs, police, et tribunaux dans les 8
provinces, 96.4% et 95% ont pu éviter le système judiciaire respectivement en
2002 et 2003. (L’UNICEF estime à 2% seulement les délinquants graves.) Les
mesures alternatives ont consisté en accords de médiation, avertissements,
amendes, rééducation et médiations à travers la police ou les bureaux des
procureurs.
• Entre 2002 et 2003 les cas d’enfants
résolus au niveau du village sont passés de 462 à 1157 ; dans le même temps les
cas de mesures alternatives à la police de 1198 à 1545.
• Le contrôle a lieu de façon plus
régulière à tous les niveaux. En conséquence, la pratique aussi bien que la
récolte des données se sont améliorées. Les évaluations régulières ont déplacé
l’accent sur la qualité du travail.
• Les enfants sont davantage
questionnés et écoutés par le personnel impliqués dans les unités de médiation
et dans le procès judiciaire.
• Le processus de réintégration mené
par la police sous le nom local de “rééducation” est en train de devenir une
pratique davantage orientée vers les enfants et qui implique de plus en plus
les membres du comité de district de mise en oeuvre et de contrôle ainsi que
les familles des enfants. En général, il encourage un changement d’attitude,
propose des moyens pour y parvenir, et avertit sur les conséquences de la
récidive.
Conditions nécessaires
• Surveillance et évaluation :
ces deux méthodes ont été utilisées d’abord pour la mise en oeuvre et le
recensement afin d’assurer que les principes de la justice pour mineurs soient
l’objet d’une adhésion forte, que les ajustements nécessaires soient réalisés
et que les difficultés soient rapidement surmontées. Il n’y a, pour le moment,
pas de retour régulier d’information de la part des enfants et pas de contrôle
des données sur les cas de récidives. Les initiatives concernant le contrôle au
niveau de la province et du district exigent en effet que des fonds soient
attribués régulièrement aux provinces.
• Le suivi des enfants qui ont
été l’objet de médiation par les unités de médiation communautaires
Documents Source:
Final Evaluation of
the Ministry of Justice SCUK Supported Children’s Justice Project in Lao PDR
Funded by the British Government from April 2002-April 2004, compiled by John
Parry-Williams.
5. Comités
communautaires pour la prévention de la délinquance
Organisations participantes
:
UNICEF et ses partenaires locaux
Pays : Malawi
Contexte
Le Malawi n’a pas actuellement de
système spécialisé pour traiter des cas de mineurs en conflit avec la loi. Le
gouvernement n’a pas de service d’assistance juridique et il y a une pénurie de
travailleurs sociaux. Néanmoins, il est dans la tradition des communautés du
Malawi de prendre collectivement soin des enfants. Des programmes basés sur la
communauté, tels que les Comités communautaires pour la prévention de la
délinquance, sont un retour vers une voie coutumière pour traiter les problèmes
liés aux enfants.
Traditionnellement au Malawi lorsqu’un
enfant commet un délit, le système coutumier (chefs, autorités traditionnelles
et anciens de la communauté, en partenariat avec l’enfant et sa famille ainsi
que la victime) conseillent la famille et l’enfant et prennent les décisions nécessaires.
La plupart du temps les enfants se voient demandés de réaliser un travail au
profit de la communauté toute entière, par exemple, garder les troupeaux ou
faire la cuisine. Une telle sanction n’est pas considérée comme un abus ou une
exploitation de l’enfant, mais simplement comme la seule manière pour la
communauté de traiter le conflit et d’aider à la réhabilitation de l’enfant.
Ce qui s’est fait
Les Comités communautaires pour la
prévention de la délinquance sont habituellement constitués de membres
distingués de la communauté : des personnes qui – eu égard à leur position ou à
leur intégrité – sont considérés comme des modèles par la communauté.
D’habitude, le Comité est constitué par le directeur de l’école locale,
quelques professeurs, les chefs traditionnels, les anciens et les secrétaires
responsables de tout autre comité ayant un rôle dans la vie de la communauté.
Ceux-ci peuvent être par exemple les comités pour l’eau et le système sanitaire
ou pour les droits des enfants. Les parents et les jeunes sont aussi inclus
dans les activités du comité.
Si un enfant de la communauté entre en
conflit avec la loi, le Comité communautaire pour la prévention de la
délinquance essaie de résoudre la question au sein même de la communauté sans
recourir aux fonctionnaires de la police ou des prisons.
Le Comité cherche à éviter à l’enfant
en conflit avec la loi de passer par le système judiciaire et à utiliser des
mesures alternatives. Parfois, des parents ou des maîtres s’adressent au Comité
pour discuter de cas d’enfants “indisciplinés” : enfants qui ne veulent pas
aller à l’école, qui endommagent les biens de l’école, etc. Le comité agit
alors comme conseil.
Pour appuyer le travail des comités,
l’UNICEF participe aussi à la sensibilisation:
• Celle-ci est conçue pour que les
parents, les enseignants et aussi les chefs traditionnels soient informés des
possibilités de mesures alternatives.
• Elle élève le niveau de connaissance
sur la prévention de la délinquance, sur les mesures alternatives, et donne une
vue d’ensemble du procès judiciaire et de comment travailler avec les
conseillers parajuridiques.
• Elle se fait surtout là où les
questions de justice pour mineurs sont les plus aiguës, que ce soit pour des
raisons sociales ou économiques telles que l’augmentation des orphelins à cause
de l’épidémie de VIH/SIDA, le manque de surveillance parentale, la pauvreté, le
chômage, la pression des autres enfants, les limitations des programmes pour le
développement des enfants, ou le bas âge de la responsabilité pénale.
En quoi s’agit-il d’une bonne pratique
?
Réalisations
La plupart des délits mineurs sont
maintenant pris en charge par la communauté sans implication de la police ou du
système judiciaire. Il y a eu une diminution notable du nombre de dossiers
traités en justice, de cas d’enfants en conflit avec la loi et de récidives.
Les données les plus récentes indiquent que 90% des enfants actuellement
détenus – en prison ou en centre de rééducation – viennent de zones situées
hors des districts où les Comités pour la prévention de la délinquance sont
actifs et où la sensibilisation a été mise en oeuvre.
Conditions nécessaires
• Soutien du gouvernement : bien
qu’un système légal à part pour les mineurs en conflit avec la loi ne soit pas
une exigence préalable à la pratique, il est nécessaire que la loi prévoie les
mesures alternatives au niveau des communautés. Les réseaux communautaires devraient
être favorisés autant que possible.
• Connaissance des droits de l’enfant
: l’UNICEF et ses partenaires créent aussi des occasions pour que les membres
des Comités communautaires pour la prévention de la délinquance puissent
renforcer leurs connaissances des droits de l’enfant. Cela garantit que les
sanctions ordonnées par les Comités respectent les droits de l’enfant et
mettent en avant la réhabilitation plutôt que la punition.
• Coordination pour développer le
projet : les principaux défis sont la durabilité et la possibilité
d’augmenter les efforts au niveau des districts et des communautés. L’UNICEF Malawi
cherche à faire face à ces questions avec d’autres partenaires pour pouvoir
continuer à améliorer le sort des enfants en conflit avec la loi.
Documents Source: Correspondance avec le personnel de l’UNICEF au Malawi.
6. Mesures alternatives au niveau de la police:
programme de sanctions alternatives “HALT”
Organisations
participantes:
Gouvernement des Pays-Bas
HALT The Netherlands
DEI Pays-Bas ne met pas le programme en
oeuvre directement, mais fournit des informations et soutient activement les procédures du programme HALT.
Pays: Pays-Bas
Contexte
Les codes pénal et de procédure pénale
des Pays-Bas prévoient spécifiquement que les sanctions envers les enfants en
conflit avec la loi doivent avoir pour but leur réhabilitation.
En 1995, un nouvel amendement à la loi
pénale sur les mineurs a été adopté au Pays-Bas. Alors que le cet amendement
renforçait la base légale pour les sanctions alternatives, il rendait plus
sévères certaines mesures prévues par la loi. Par exemple, le temps maximum
d’emprisonnement pour les enfants en conflit avec la loi a été élevé de un à
deux ans. Les restrictions légales qui protégeaient les enfants de
l’application de la loi pénale des adultes à leurs cas ont été assouplies.
Depuis 1995, la possibilité de faire
appel aux services des bureaux HALT (abréviation de Het Alternative en
néerlandais), mis en place dès 1981, a été formulée dans le code pénal. Des
détails approfondis sur les opérations des bureaux HALT ont été inscrits dans
la législation et les directives du ministère public. Le système néerlandais de
justice pour mineurs stipule différentes formes de sanctions alternatives à
différents niveaux. C’est ainsi que la police peut déférer un cas à un projet
‘HALT’ et que le ministère public et le juge ont la possibilité de recourir à
des « peines » de travail consistant à combiner études et travail.
DEI Pays-Bas fait du lobby et apporte
un soutien institutionnel en faveur des mesures alternatives à la privation de
liberté des enfants. Pour ce faire, DEI diffuse des communiqués de presse,
organise des séminaires et rencontre les personnalités politiques. Une des
initiatives soutenues par DEI est la procédure “HALT”.
Ce qui s’est fait
HALT est un système de sanction
alternative par lequel la police peut proposer à un enfant délinquant de
réaliser une tâche ou de compenser un préjudice en y consacrant jusque 20
heures de travail. Dans les cas de vandalisme, de dommage à la propriété ou de
vols mineurs, la police peut donc renvoyer le jeune à un bureau HALT.
Le système offre à l’enfant en conflit
avec la loi la suspension des charges à son encontre en échange de sa
participation à un projet HALT. L’offre est faite par écrit à l’enfant, avec le
rappel que l’acceptation n’est pas obligatoire. Si l’enfant a moins de 16 ans,
les parents doivent donner leur consentement. Si l’enfant accepte l’offre, la
police rédige un protocole et l’envoie au bureau HALT.
Les bureaux HALT ont été installés par
les autorités locales en coopération avec les services du ministère public. Le
bureau HALT fait au jeune une offre de participer à un projet particulier pour
lequel son consentement est aussi exigé. Les mesures qui peuvent être offertes
vont du travail à la compensation des dommages, ou à une combinaison des deux.
Un projet HALT ne peut pas durer plus de 20 heures, bien qu’il soit rare en
pratique qu’il excède les 10 heures.
Après que les mesures aient été
accomplies, la police fait une inspection avec l’équipe HALT et décide si les
charges peuvent être abandonnées. Si le résultat de la mesure HALT est positif,
la police informe le jeune et le procureur par écrit. Par cet acte la procédure
est abandonnée, à moins que la partie lésée ne présente avec succès un recours
devant le juge. Si le résultat du projet HALT est négatif, un dossier est
ouvert et transmis au procureur pour lui demander l'ouverture d’une procédure
préliminaire. Certains fonctionnaires du ministère public sont mandatés pour
traiter les cas HALT avec la police.
La procédure HALT a une autre tâche
importante : prévenir la délinquance juvénile. A cette fin, elle organise des
sessions d’information dans les écoles, en se concentrant sur les enfants et
les adolescents entre 10 et 14 ans. HALT est encore impliqué dans des efforts
pour améliorer la sécurité des écoles et des communautés. HALT travaille
régulièrement avec la police, les pompiers, les services de santé, les services
chargés de la liberté surveillée, et diffuse de l’information sur des questions
de politique locale.
En quoi est-ce une bonne pratique ?
Réalisations
En promouvant les procédures HALT, DEI
Pays-Bas contribue aux efforts visant à renforcer les programmes alternatifs en
faveur des enfants délinquants. HALT est considéré comme un projet réussi. Des
quelque 50,000 enfants arrêtés par la police, environ 20,000 vont à l’un des 62
bureaux HALT. En particulier, les mesures HALT contribuent à:
• renforcer les droits des enfants en conflit avec la loi;
• promouvoir la participation des jeunes à la solution de leur cas;
• garder les enfants hors du système judiciaire;
• construire une approche préventive de la délinquance juvénile;
• promouvoir la coopération entre les différents secteurs concernés,
notamment les travailleurs sociaux, le personnel judiciaire et celui de
l’application des lois).
Conditions nécessaires
• une société ouverte aux mesures alternatives, y compris à la justice de
réparation et à la médiation;
• la coordination entre les différentes institutions impliquées;
• la formation des policiers et des travailleurs sociaux, grâce à des
ressources financières et humaines suffisantes;
• la garantie des droits de l’enfant et des règles de base pour un procès
équitable.
Document source:
Annemieke Wolthuis,
Moving Forward – Restorative Aspects in the Dutch Juvenile Justice System, DEI
– The Netherlands, 2001.
7. Centre d’accueil pour la protection de
l’enfant, la prévention de la délinquance et les mesures alternatives
Organisations participantes
:
Nasli Navras (ONG Tadjik)
Save the Children UK
Pays : Tadjikistan
Contexte
Le Tadjikistan a signé la Convention
relative aux droits de l’enfant en 1993. La Commission nationale de protection
de l’enfant (CNPE) a été fondée en 2001. Elle est présidée par le Premier
Ministre adjoint et composée de ministres adjoints des ministères concernés. En
2001 la CNPE a institué un Groupe d’experts pour faire des recommandations en
vue de l’harmonisation de la législation sur la justice pour mineurs avec la
Convention relative aux droits de l’enfant. Le directeur de l’ONG Nasli Navras,
partenaire local de SCUK, est membre du Groupe d’experts.
Au Tadjikistan, une Commission pour les
mineurs a été mandatée pour traiter des cas d’enfants qui lui sont soumis soit
par la police soit par les parents, ainsi que ceux des enfants en conflits avec
la loi n’ayant pas atteint l’âge de la responsabilité pénale. La Commission
envoie souvent des enfants de moins de 14 ans (certains aussi jeunes que 7 et
parfois même 3 ans) dans des centres de détention, contrevenant ainsi à la
réglementation. On trouve aussi des cas où les enfants sont détenus pour de
longues périodes, ainsi un enfant de 13 ans qui a été enfermé pendant 6 ans. La
Commission pour les mineurs n’est pas contrainte aux règles de procès
équitable, elle n’offre pas d’assistance légale aux enfants, les jugements sont
sans appel et les cas ne sont pas suivis par le procureur. Les membres de la
Commission pour les mineurs bénéficient rarement d’une formation au travail
social et sont l’objet de transferts fréquents.
Les enfants conduits devant la Commission
pour les mineurs ont besoin d’attention et de protection. Nombre d’entre eux
sont des enfants travailleurs ou vivant dans la rue. Ce sont ces groupes
d’enfants que le centre d’accueil de Nasli Navras a assisté, ainsi que ceux qui
ont été libérés. Jusqu’à récemment, le centre était surtout impliqué avec des
enfants qui pouvaient aussi être des travailleurs, mais rentraient chez eux
pour la nuit. A présent, il assiste aussi les enfants vivant dans la rue. Le
style de vie de ces enfants est très différent des précédents car ils vivent au
jour le jour, en bandes, et entrent fréquemment en contact avec la police. Les
plus jeunes sont souvent en danger de subir des violences, particulièrement des
viols collectifs de la part d’enfants plus âgés, en guise de punition,
généralement pour n’avoir pas réussi à collecter suffisamment d’argent. Les
plus jeunes parmi eux ont besoin d’un abri la nuit pour leur protection.
Ce qui s’est fait
Le centre d’accueil organise des cours
informels ne mettant l’accent sur l’alphabétisation, plusieurs ateliers
professionnels, tels que l’artisanat (couture et broderie dont les produits
sont vendus aux boutiquiers locaux), l’apprentissage de l’informatique, de
langues étrangères (anglais et russe), du jardinage, et des activités
culturelles incluant la danse et les instruments de musique traditionnels. On y
trouve une clinique médicale et un médecin, payé par l’Etat et donnant des
consultations régulièrement, une clinique dentaire, et une pharmacie où les
médicaments sont fournis par Pharmaciens sans frontières. Suite à une
négociation avec une société d’informatique, le centre d’accueil a prévu
d’acheter 10 ordinateurs en 2004. Il y a aussi une bibliothèque. Il existe des
projets pour restaurer une piscine et construire un sauna (ouverte au public à
certaines heures afin de récolter des fonds), pour créer un endroit où les
enfants pourront laver leur linge et pour installer une station de lavage de
voitures où les enfants de plus de 15 ans pourront gagner de l’argent. Nasli
Navras souhaite ouvrir une succursale du centre d’accueil avec un travailleur
social permanent et y proposer des consultations régulières d’un médecin et
d’un juriste.
Le centre d’accueil fournit également
un travail de prévention dans 5 écoles pilotes proches du centre. Ces 5 écoles
des Clubs des enfants, chacun composé d’environ 30 à 40 enfants. Ils ont un
rôle dans la gérance de l’école et un certain nombre a été formé en tant que
conseillers pour leurs camarades, une de leur tâche étant de favoriser la
réintégration scolaire des enfants abandonnés.
Le centre d’accueil est géré par un
conseil de coordination incluant des représentants des ONG et des 5 écoles
pilotes, des représentants de la police et de la Commission pour les mineurs,
des représentants de la circonscription, ainsi que des organisation de parents
et d’enfants. Le Conseil de coordination et le centre d’accueil ont entrepris
la formation de ces groupes de personnes et espèrent recruter des bénévoles
parmi eux.
Nasli Navras cherche à recruter des travailleurs
sociaux déjà formés, pour améliorer sa capacité à travailler avec des enfants
“en grave danger” ou qui sont entrés en conflit avec la loi. Le travailleur
social devra orienter, à la fois de manière informelle et à travers des cours
pertinents, les autres membres du personnel sur le développement de
l’auto-estime et de la confiance chez ces enfants, de leurs aptitudes
éducatives, professionnelles, récréationnelles et sociales et sur la manière de
faire face à leur comportement agressif.
Le fait d’avoir un travailleur social
devrait faciliter l’application de mesures alternatives de la part de la
police, de la Commission pour les mineurs et des tribunaux.
Nasli Navras souhaite étendre le rôle
du centre d’accueil en proposant la surveillance du centre comme moyen d’éviter
qu’en cas de conflit avec la loi, les enfants ne soient envoyés dans les
cellules des postes de police, de détention préventive ou d’institutions pénitentiaires
par la police et la Commission pour les mineurs, et plus tard par le tribunal.
En quoi s’agit-il d’une bonne pratique
?
Réalisations
• Le travail de protection de l’enfant
par Nasli Navras et son soutien par la communauté ne sont pas sans lien avec la
réduction du nombre d’enfants ayant eu affaire avec la police à Frunze (le plus
grand district de la capitale). En 2002, elle a traité 350 cas contre 195 en
2003. Alors que cette réduction se produisait à Frunze, les chiffres semblaient
croître dans les trois autres districts de Dushanbe.
• En 2003, la Commission pour les mineurs
a envoyé 6 enfants et la police environ 35 au centre d’accueil au lieu de les
envoyer à l’unité de détention provisoire. La même année, 90 enfant ont été
libérés de prison par une amnistie générale et sur les 84 reçus par Nasli
Navras, aucun des enfants n’a récidivé tant qu’ils étaient avec l’ONG.
• Il y a 300 enfants inscrits au
registre du centre d’acueil. Parmi eux, environ 60 viennent tous les jours. 210
(70%) sont des enfants des rues et des enfants qui travaillent ; 12 sont des
enfants sortis de détention ; le reste est issu de familles pauvres. Au cours
des années 2001-03, les enfants ont été assistés de la façon suivante : 372 ont
suivi les différents cours, 24 ont obtenu un travail, 40 ont obtenu leur permis
de conduire ou d’autres documents officiels nécessaires. Récemment, quelques enfants
de la rue ont été remis à leurs familles. La plupart d’entre elles ont refusé
leur retour mais elles ont néanmoins offert des cadeaux à leurs enfants. On
espère qu’en gardant un contact régulier avec les parents le nombre d’enfants
dont le retour sera accepté par leur famille augmentera.
• Le personnel enseignant dans les
ateliers trouve que son travail de prévention conduit à plus d’auto-estime et
de confiance parmi les enfants. Il y a aussi eu quelques cas de solution
heureuse de problèmes surgis entre enseignants et élèves.
Conditions nécessaires
• Une bonne compréhension et une bonne
liaison entre Nasli Navras et la Commission pour les mineurs et tous les
départements du système de justice pénale quant aux objectifs du centre
d’accueil, son rôle et ses limitations en termes de protection des enfants,
notamment ceux qui sont en conflit avec la loi.
• La durabilité du centre d’accueil
dans son rôle de protection des enfants et d’appui du système judiciaire.
• L’établissement d’un centre pour la
formation au travail social de façon à ce que des travailleurs sociaux
compétents puissent assister les enfants “en danger” et travailler avec leurs
familles.
Documents Source:
SCUK Tajikistan
Report, Nikhil Roy, March, 2002 ; Children who are in Conflict
with the Law: Report
of the Expert Group, 2003 ; Report on Suggested Strategy for
SCUK in
Tajikistan for Children’s Justice, John Parry-Williams, Mars 2004.
Résumé de
MARCEL TRAHAN
EN QUÊTE DE JUSTICE ET DE FRATERNITÉ
Marcel Trahan était un juge doué, spécialisé dans le bien-être social
et un partisan infatigable des droits de l'enfant. Il a consacré toute sa vie à
travailler en faveur des membres de la société les plus vulnérables - les
enfants abandonnés et maltraités, et les enfants en conflit avec la loi. Il
croyait passionnément que le juge jouait un rôle central dans la réhabilitation
et la rééducation des jeunes délinquants. Il était décrit comme un
"géant" par ces collègues grâce à son habileté à élaborer et
appliquer des lois orientées vers les droits de l'homme pour aider les enfants
en conflit avec la loi bien avant que les droits de l'homme ne devinssent la
question primordiale qu'ils sont aujourd'hui. En 1939, il a élaboré une
Déclaration sur les Droits de l'Enfant sur la base du travail effectué par la
Ligue des Nations.
Le juge Trahan était l'un des membres de plus longue date et plus
fidèles de l'AIMJF. Il a été élu au Conseil de l'AIMJF lors du Congrès de
Bruxelles de 1958 et élu au poste de Vice-Président au Congrès de Paris en
1966.
Marcel Trahan est né à Nicolet, Québec, le 27 mars 1914. Il est mort le
18 février 2006.
Willie McCarney, Président
Au printemps 2005
paraissait, sous la plume de Renée Joyal en collaboration avec Jean Trépanier,
la biographie de Marcel Trahan vice-président honoraire de l'AIMJF.
Personnalité forte et
attachante, Marcel Trahan fut un témoin lucide et éclairé de transformations
sociales majeures dans le domaine de l’enfance et de la famille. De plus, ses fonctions et le sens qu’il leur
donnait l’amenèrent à jouer un rôle de premier plan au cœur de ces changements,
particulièrement au cours des années 1940 et 1950. Il participa activement aux
débats alors en cours et fit en sorte que l’organisation judiciaire et la mise
en œuvre des lois relatives à l’enfance délinquante ou en danger tinssent
compte de cette évolution.
Marcel Trahan croyait en
la rééducation. Il a voulu que le juge
y occupât une place centrale. Après son
accession à la magistrature, il a incarné cette vision du juge des mineurs
investi d'une mission. Sa curiosité, sa
rigueur et son humanisme firent de lui tant un homme d'action remarquable qu'un
passionné de recherche et de réflexion.
Marcel Trahan vit le
jour à Nicolet le 27 mars 1914, sixième d'une famille de sept enfants. Ses parents, Arthur Trahan et Joséphine Dufresne
sont instruits: tous les enfants feront des études. Son père fut député à Québec, de 1911 à 1917, et à Ottawa, de
1917 à 1923 alors qu'il devint juge à la Cour supérieure du Québec.
Ses parents ayant
envisagé, tous les deux, de se consacrer à la vie religieuse, ils transmirent à
leurs enfants leur foi et leurs valeurs: l'honnêteté, la droiture, le respect,
la bonté et l'amour du prochain. Elles
furent renforcées chez Marcel Trahan par ses études au Séminaire de Nicolet: au
contact des humanités gréco-latines, il apprit à chérir la liberté et la
fraternité.
Il embrassa, lui aussi,
la carrière juridique. Pendant ses
études de droit, il se distingua en participant à la Société des débats (ce qui
lui permit de développer son éloquence et fit de lui un tribun passionné et un
conférencier recherché), à la troupe de théâtre de même qu'à l'équipe de hockey.
Admis au Barreau en
1939, il exerça le droit en pratique privée pendant quelques années. Déjà, il s'intéressait aux questions
relatives à la famille. Actif au sein
de l'Institut familial, il rédigea une déclaration des droits de l'enfant
inspirée des travaux de la Société des Nations précurseurs de la Convention des
Nations Unies sur les droits de l'enfant.
Lors d'une conférence qu'il prononça à l'Institut familial, il fut
remarqué par le juge Robillard, juge en chef de la Cour des jeunes délinquants
de Montréal. Celui-ci recommanda au
gouvernement d'alors qu'il y soit nommé conseiller juridique.
Un
homme engagé dans son milieu
Dès son arrivée, en
1943, Marcel Trahan consacra toutes ses énergies à la réorganisation de la
Cour. Il participa aussi à divers
comités d'études et de réflexion formés par le gouvernement du Québec. Dans le
but de réorganiser les services de la Cour, il rédigea divers rapports qui
proposaient des façons d'en améliorer le fonctionnement: le juge ne recevrait
plus les plaintes directement; les agents de probation seraient répartis dans
les divers districts de la ville; les gardiens de la maison de détention
recevraient une formation appropriée.
Dès cette époque (et cela se poursuivit tout au long de sa vie), Marcel
Trahan regardait ce qui ce faisait ailleurs et, le cas échéant, s'en inspirait
pour suggérer des changements. C'est
ainsi qu'il avait trouvé dans les Actes du cinquième Congrès international catholique
de service social, tenu à Bruxelles en 1935, des idées pour la rédaction de son
premier mémoire.
Rapidement, il devint
responsable de l'administration du Greffe et de la maison de détention; en
1947, il fut nommé greffier de la Cour des jeunes délinquants de Montréal.
Au cours des années, il
organisa des activités dont de nombreux pique-niques et des distributions de
cadeaux à l'intention des jeunes délinquants.
Il mit également sur pied des activités destinées à venir en aide aux
jeunes et à leur famille et à prévenir la délinquance juvénile.
Une
ouverture internationale
Soucieux d'améliorer le
système judiciaire pour mineurs dans lequel il évoluait, Marcel Trahan s'abonna
à plusieurs publications, dont plusieurs européennes. Cette curiosité lui permit de se créer tout un réseau à
l'extérieur du Québec. En 1958, il
assista pour la première fois à un congrès de l'Association internationale des
magistrats de la jeunesse (c'était son nom à l'époque). Il venait d'être nommé juge suppléant à la
Cour de bien-être social (qui succéda à la Cour des jeunes délinquants). À l'issue de ce congrès, il fut nommé conseiller
de l'AIMJF. Il en devint l'un des
vice-présidents lors du congrès de Paris en 1966, dont il présida l'une des
commissions.
En 1961, Marcel Trahan
quitta la Cour de bien-être social. Sa
présence agissante, sa forte personnalité et les changements qu'il avait
apportés en avait dérangé certains. Le
gouvernement de l'époque le nomma coroner du district de Montréal. Il exerça cette fonction avec brio jusqu'en
1965, présidant plusieurs enquêtes très médiatisées. Là aussi, il fut un précurseur et un innovateur. À maintes reprises, il recommanda de mettre
en place des mesures visant la prévention de situations susceptibles de mettre
en danger la vie humaine. Rarement
clôturait-il une enquête sans faire des réflexions utiles pour le bien public. Souvent, ses recommandations furent mises en
oeuvre. Il se donna la peine de
réfléchir à l'objet de son travail et de prendre position dans le but
d'améliorer les lois régissant la fonction de coroner.
Le 15 septembre 1965
(jour de son 20ième anniversaire de mariage), Marcel Trahan apprit
sa nomination à titre de juge à la Cour de bien-être social. Il demeura en fonction jusqu'en 1984.
Visionnaire, précurseur,
voire avant-gardiste, Marcel Trahan n'avait pas une conception traditionnelle
du rôle du juge pour enfant: pour lui c'était une mission, une vocation! Le juge pour enfant devait avoir à cœur la
dimension humaine de la Loi et de la fonction de juge pour enfant. Marcel Trahan a toujours été convaincu que
le juge est “un professeur d'énergie sociale”.
Il n'aimait pas l'idée d'un juge technicien. Il accordait autant d'importance à l'esprit de la Loi qu'à sa
lettre. Son intuition et, surtout, sa
capacité d'écouter lui permettaient de bien cerner la situation des jeunes. Il
avait l'art de leur parler. Il savait
leur expliquer les choses et les motiver dans le sens d'un changement
positif. Il savait voir en chacun
(délinquant ou non) ce qu'il y avait de bon.
Il construisait alors sur les aspects positifs.
Marcel Trahan eut un
style très personnel et il s'engagea à fond dans tout ce qu'il entreprit. À l'intérieur des balises juridiques, assez
larges à l'époque, il concilia le rôle de l'éducateur, du travailleur social et
du juge. Selon lui, l'action des
éducateurs et des travailleurs sociaux devait être soutenue par le juge pour en
maximiser les effets. Ainsi,
l'intervention judiciaire prenait-elle toute sa signification en combinant
l'engagement social et l'engagement professionnel du juge.
Marcel Trahan innova en
recourant à des mesures qui n'étaient alors que rarement utilisées mais qui
sont devenues, depuis, la norme: en particulier, le recours aux “travaux
communautaires” qu'il préférait nommer “réparation symbolique”. Il était aussi connu pour certaines méthodes
peu conventionnelles. Il racontait
lui-même qu'un jour il proposa à un jeune fugueur de “tirer au poignet” avec
lui pour trouver une solution à l'affaire!
Marcel Trahan participa
activement aux consultations entourant l'adoption de la Loi sur la protection
de la jeunesse et de la Loi sur les jeunes contrevenants. Conférencier recherché, il plaida sans
relâche pour le maintien de la dignité du jeune délinquant. Ainsi, lors d'une conférence portant sur la
Loi sur les jeunes délinquants, il fit remarquer aux participants, qu'il aurait
préféré, qu'on parlât du jeune “auteur” plutôt que “coupable” d'homicide. Il ne s'agissait là que d'un exemple de sa
façon humaniste d'aborder les gens et les situations. C'est aussi une illustration de la façon dont il a toujours
pratiqué ce qu'il prêchait puisque: pour lui, “aussi impérieusement que de
pain, l'homme a besoin de dignité”.
Soucieux de créer des
ponts entre les juges pour enfants canadiens et les juges d'autres pays,
notamment d'Europe, Marcel Trahan continua de participer activement aux travaux
de l'AIMJF. Il proposa à l'Association
de tenir l'un de ses congrès hors d'Europe.
Et, encore une fois, pratiquant ce qu'il prêchait, il organisa le congrès de 1978, à Montréal.
Membre actif de la
Société québécoise de criminologie, il en assuma la présidence de 1975 à
1979. Il fut nommé membre du Conseil
supérieur de l'éducation, où il siégea jusqu'en 1983.
Il a toujours cru en la
maxime “mens sana in corpore sano” et fut pendant quelques années
l'entraîneur des équipes de hockey de ses fils.
La
retraite
Marcel Trahan prit sa
retraite en 1984, à l'âge de 70 ans puisque la Loi sur les tribunaux
judiciaires prévoit qu'un juge ne peut exercer ses fonctions au-delà de cet
âge.
Il continua à s'occuper
de Boscoville, de Cité des Prairies et de la Fondation québécoise des jeunes
contrevenants.
Fier de ses racines
canadiennes-françaises, il l’était tout autant de ses origines acadiennes. Il fonda le Rassemblement des Trahan
d'Amérique. En août 1986, pour
souligner le 350ième anniversaire de l'arrivée de Guillaume Trahan à
Port-Royal, en Acadie, il organisa un grand rassemblement qui regroupa près de
800 descendants de Guillaume, à Louiseville (Qc). Ici encore, ses talents de rassembleur et de motivateur lui
permirent de susciter chez tous les participants (venus des quatre coins de
l'Amérique dont la Louisiane et même de France) un extraordinaire sentiment
d'appartenance et de fierté. Il
publia pendant douze ans “La
Trahannière”. On y trouve le fruit de
ses recherches généalogiques, des articles qu’il avait demandé à des Trahan de
rédiger racontant leur histoire particulière et des découpures de journaux
colligées grâce au réseau qu'il s'était créé et qu'il entretenait en écrivant aux
uns, en téléphonant aux autres et en participant à des réunions de famille où,
comme partout ailleurs, il semait la bonne humeur et laissait sa marque.
La retraite lui permit
de consacrer, encore plus qu’auparavant, du temps à la lecture, entre autres celle
des poètes qu'il affectionnait particulièrement. Souvent il récitait, de mémoire, des poèmes d'auteurs canadiens
mais aussi à la gloire de l'Acadie et des acadiens. Ceux et celles qui participèrent au congrès de l'AIMJF à Genève,
en 1970, se souviendront de sa voix de stentor déclamant un poème de Robert Choquette
à bord du bateau navigant, sur le lac Léman, vers le château de Chillon. Sa dernière envolée de la sorte eut lieu
lors du lancement de sa biographie alors qu'il récita plusieurs strophes d'“Hécatombe”
d'Adolphe Poisson, (au sujet de la déportation des acadiens).
Le poids des ans se fit
sentir. Petit à petit sa santé et ses
forces déclinèrent. En août 2004, sa
chère épouse, Émélie Bourbonnière, décéda.
Il l'avait rencontrée en 1943 lors d'une réunion de l'Institut
familial. Travailleuse sociale et femme
d'action, elle partageait ses valeurs.
Elle sut, au cours des années, l'appuyer, l'encourager et le soutenir. Elle fut très active au sein de nombreuses
associations: l'Association des femmes diplômées des universités, le “Montreal
Council of Women”, le YWCA, la Commission canadienne de l'UNESCO, les Semaines
canadiennes d'éducation etc.. Il perdit
une compagne de vie, une amie, une complice.
Marcel et Émélie Trahan
eurent trois enfants, Anne-Marie, juge à la Cour supérieure du Québec, Étienne
décédé en 1996 et Dominique, avocat, directeur du Bureau jeunesse de l'Aide juridique.
Préparé par Anne-Marie Trahan
avec l’aide d’Hugo Koulenovitch
* * * * *
Là s'arrêtait la
biographie. Depuis, le 18 février
2006, Marcel Trahan nous a
quittés : il est allé rejoindre sa chère Emélie.
La biographie que j’ai
tenté de résumer ci-haut parle de l'homme public. J'aimerais dire quelques mots de l'homme privé: du père et du mentor
qu'il fut pour moi.
Sa mère meurt alors
qu’il n’a que neuf ans. Son père le place alors au Jardin d’enfance, à
Montréal. Il est loin de sa famille et ne reçoit donc aucune visite. Il ne peut
pas, non plus, sortir en fin de semaine.
Heureusement, la directrice, une religieuse de la Providence, est une amie de
son père et en prend bien soin. Cet épisode de sa vie l’a profondément marqué.
Il fut donc un père présent et attentionné, malgré son travail accaparant et
toutes ses autres activités.
Maintenant que je suis
juge et que j’entends des affaires familiales, je me rends compte, encore plus
qu’avant de la chance que j’ai eue d’avoir un père si présent. Comme je le dis
souvent aux parents qui comparaissent devant moi, c’est l’interaction
père-enfant qui permet à ce dernier d’avoir confiance en lui, de s’ouvrir sur
le monde et de le découvrir physiquement et intellectuellement. C’est mon père
qui m’a appris à marcher. C’est en le voyant dévorer les livres et les journaux
que je me suis intéressée à la lecture et à l’actualité. En l’accompagnant aux
pique-niques et aux fêtes qu’il organisait pour les jeunes en difficulté et
dans ses visites aux maisons d’éducation, j’ai appris à le partager et à être
fière de celui que les jeunes appelaient «mon juge». En le voyant agir et
donner le meilleur de lui-même, j’ai pris conscience que, parce que j’avais
beaucoup reçu, je devais beaucoup donner et partager.
En 1975, le débat de
l’heure était les mauvais traitements à l’endroit des enfants. Il présidait la
Société de criminologie; moi, l’Association des femmes diplômées de
universités. Nous organisâmes un colloque conjoint sur le sujet. Il y
invita le ministre de la justice,
Jérôme Choquette. Ce fut le point tournant: quelques mois plus tard, le
ministre déposait un projet de loi sur les enfants maltraités: la brèche était
ouverte. On connaît la suite. Cette
expérience peu commune m’a montré le pouvoir de l’engagement.
Je l’ai vu présider des
audiences avec sérénité, bonhomie et empathie. Il était donc naturel que je
fisse la même chose. Combien de fois m’entends-je dire aux justiciables des
choses qu’il me disait quand j’étais jeune, pour me rappeler à l’ordre ou
m’encourager à étudier fort. C’est aussi en le voyant agir que je me suis rendue
compte que la Justice est non seulement pouvoir, mais aussi service.
En terminant, je vous
laisse avec quelques pensées qui l’inspiraient:
« Le rôle du
magistrat est de confondre dans une même pensée l’amour du Droit et de la
Justice. Pour bien le faire, il est nécessaire de viser le sommet et d’attirer
les autres avec soi vers les cimes… »
(Arthur Trahan,
j.c.s.)
« L’enfant, sur le
difficile chemin des hommes, sera toujours le plus noble motif de peiner et d
‘espérer.»
(Comte D’Archault)
« Le monde n’est
rien à côté de ce qu’il y a d’unique dans un visage humain, dans une destinée humaine.»
Anne-Marie Trahan
UNE DATE POUR VOTRE AGENDA :
ENFANTS EN SITUATION DE HANDICAP
ET LEUR DROITS
SION, SUISSE
du 10 au 14 Octoberoctobre 2006
Lieu: Institut
Universitaire Kurt Bösch (IUKB)
Box
4176, CH-1950 SION 4
Tel:
+41-27-205.73.00 – Fax: +41-27-205.73.02
Email:
ide@iukb.ch; web: www.childsrights.org
Langues: Français et Anglais avec traduction
simultanée
pour les sessions plénières.
Contact: Institut
international des Droits de l'Enfant (IDE)
Case
postale 4176, CH-1950 Sion 4 - Suisse.
Tel:
+41-27-205.73.00 – Fax: +41-27-205.73.02
Email: ide@iukb.ch
ASSOCIATION INTERNATIONALE DES
MAGISTRATS DE LA JEUNESSE ET DE LA FAMILLE
XVII CONGRÈS MONDIAL
BELFAST
IRLANDE DU NORD
DU 27 AOÛT AU 01 SEPTEMBRE
2006
VERS UNE JUSTICE ADAPTEE
RECONSTITUER LES PIÈCES
Full Pleine Inscription entière (y compris Dîner du Congrès)Registration
(Including Congress Dinner:) £575 + VAT TVA
Registration Inscription pour for 31 Daysjours: £4200 + VAT TVA (Congress Dinner not includedDîner du Congrès non compris)
12 Day1 journées: £2400 + Vat TVA (Dîner du Congrès non comprisCongress Dinner not included)
TRADUCTION SIMULTANÉE
ANGLAIS, FRANÇAIS, ESPAGNOL
Pour plus de détails consultez
le site:
www.youthandfamily2006.com
LE XVII
CONGRÈS MONDIAL DE L'AIMJF
VERS
UNE JUSTICE ADAPTEEÀ LA POURSUITE DE LA BONNE JUSTICE :
RECONSTITUER
LES PIÈCESOÙ EN SOMMES-NOUS MAINTENANT ?
La justice se
réalise le mieux par la mise en ouvreoeuvre des divers instruments
internationaux divers
concernant les droits de l'enfant. Le thème met l'accent sur les
droits de l'enfant et veut considère
considérer
le progrès fait en ce qui concerneréalisé par
l'application pratique des théories. Il souligne le rôle primordial de la
profession judiciaire, non seulement pour garantir la
justice, mais aussi pour faire progresser les droits de l'enfant.
Le thème servira à
examiner dans quelle mesure les droits des enfants sont protégés et/ou promus
par les instruments internationaux.
L'AIMJF réunit des
membres de plus de 80 pays et de tous les continents. Ces instruments internationaux
sont les seuls instruments juridiques qu'ils ontque tous disposent en
commun. Le Congrès fournira un forum unique pour permettre aux membres
d'échanger des points de vue sur la pertinence de la CDE et d'autres
instruments internationaux pour leur travail. Les discussions
stimuleront des réflexions individuelles et fourniront une
motivation intéressante pour l'application de ces instruments. Le Congrès est
une occasion pour l'AIMJF de faired'apporter
une contribution importante à la globalisation des perspectives à
l'égarden faveur des droits de l'enfant.
Les conférenciers seront invités à réfléchir de manière critique sur la
façon dont les droits des enfants sont vusperçus, mis
en œuvre et suivis dans leurs pays
respectif.s,
ainsi que Ils devront
également examiner dans quelle mesure la pratique nationale s'efforce
d'atteindre les exigences des normes internationales.,
ou ne parvient pas à les atteindre. On fera Ils feront
ressortir les conséquences de la non-application, même voire de la
violation, de ces normes.
Il est probable que la mise en pratique des droits s'effectuera
différemment selon la tradition juridique de chaque pays, ses ressources
sociales et économiques, voire son manque de ressources, sa culture et ses
traditions, etc. Les conférenciers seront invités à réfléchir sur les questions
politiques sous-jacentes
de politique, particulièrement le besoin d'assister économiquement
les pays en voie de développement. Ils prendront en considération les aspects
légaux des droits et exploreront les valeurs et le concept d'enfants
vis-à-vis de la justice qui est à la base des droits énumérés dans les
instruments.
Les sessions linguistiques et les ateliers seront repartis
répartis
selon les catégories de droits et/ou selon les catégories d'interventions ou
procédés où ces droits sont applicables. Les sessions commenceront avec des
présentations brèves par des
représentants de pays/continents différents., qui Celles-ci
pourraient être considérées comme des représentations
des tendances principales,
dans l'intentionà but de
stimuler les réflexions et les discussions souhaitables.
Afin de prendre en compte les distinctions différences nécessaires
entre les enfants en conflit avec la loi et les enfants qui ont besoin de soins
et de protection, les délégués seront invités à examiner les différents droits et
à réfléchir sur leur application (semblable ou différente) dans des situations
distinctes.
SimilarlyDe même, les délégués seront invités àdevront considérer dans quelle mesure l'approche holistique requise
dans la justice de la famille et de la jeunesse se reflète dans la pratique. De même, dans quelle proportion mesure la
profession judiciaire et tous les professionnels les juges et tous
les professionnels liés
au tribunal,
dont le travail
soutient les tribunaux, réussissent-ils à reconstruire?
delegates will be invited to consider the
extent to which the holistic approach needed in family and youth justice is
reflected in practice. How well does the judiciary and all those
court-connected professionals, whose work supports the courts, succeed in putting
the pieces together again?
Les droits ont
a
tendance à évoluer au fil du temps, parallèlement aux changements de
valeurs et de conceptions. Les participants auront l'occasion de prendre en
considération la pertinence des instruments et l'éventuelle mise, ainsi
que tout éventuel besoin d'en mettre à jour de certains,
voire d'entre vous ou de tous.
La traduction simultanée
sera disponible dans chacune de nos trois langues officielles - anglais,
français et espagnol - pour toutes les sessions plénières.
Ce congrès
accueillera des centaines de délégués venus venant du
monde entier, mais aussi des représentants des
échelons les plus élevés de l’ordre judiciaire ainsi que de toutes les
professions associées à la tâche des tribunaux chargés de la justice des
mineurs et des affaires familiales.
Ce congrès
international de grande importance encouragera une approche internationale et
pluridisciplinaire des problématiques qui se posent dans le domaine de
l’enfance au niveau mondial et tentera de réaliser des travaux dont les
résultats durables se feront sentir à travers le monde.
Ce congrès aura pour
mission de promouvoir de nouvelles initiatives de portée internationale visant
à protéger les droits de l’enfant et à faire progresser la justice des mineurs.
L’objectif principal
de ce congrès consistera à formuler un ensemble de recommandations qui pourront
inspirer les responsables de las
politiques, mais aussi les professionnels et
les magistrats du monde entier qui travaillent dans ce domaine afin qu’ils
puissent élaborer, mettre en oeuvre et appliquer une justice des mineurs et de
la famille.
Au cours des débats,
les questions qui touchent à l’administration de la justice dans la mesure où
elles affectent les principales sources d’influence sur les enfants et les
adolescents, à savoir la famille, la communauté, la société et la justice des
mineurs, seront traitées dans le contexte général d’un ensemble de thèmes qui
reprennent les droits inscrits dans la Convention des Nations- Unies relative aux Droits de
l’enfant et autres instruments internationaux pertinents.
Nos débats seront
principalement axés sur l’évolution de la justice des mineurs dans un contexte
mondial.
Intervenants
Des intervenants
venus du monde entier et représentant de nombreuses nationalités et cultures
prendront la parole au cours du congrès.
Auditoire visé
Ce congrès s’adresse
tout particulièrement aux juges, aux magistrats, aux psychiatres, aux éducateurs,
aux juristes, aux sociologues, aux fonctionnaires de police, aux universitaires
et aux représentants des organismes publics ainsi qu’aux organisations de
défense des droits de l’homme, au monde associatif et aux services sociaux.
Langues
Une traduction
simultanée sera assurée en français, en espagnol et en anglais.
Comité organisateur
Le Comité
organisateur du congrès est présidé par M. le Juge Gillen, Doyen des juges aux
Affaires familiales du Tribunal pour enfants d’Irlande du Nord et se compose
des représentants des principales agences qui apportent leur soutien au
congrès.
Northern Ireland
Court Service
Northern Ireland
Office
Department of the Director
of Public Prosecutions Service
Police Service of
Northern Ireland
Probation Service of
Northern Ireland
Social Services
Inspectorate
Office of the First
Minister and Deputy First Minister
Call for PapersAppel à soumettre des travaux
Le délai prou l’envoi de travaux est désormais passé.
L'Assemblée Générale
L'Assemblée Générale aura lieu
jeudi, 31 août, à 17h30.
Prix
Veillard-Cybulski.
Le Prix Veillard-Cybulski sera présenté vendredi 1er septembre.
Site Web du Congrès: The Scientific Committee has made a
general Call for papers. Papers must be submitted by October 28, 2005. Papers
MUST follow a set format and MUST be submitted on-line to the address given on
the website.
For detailed guidelines on theVeuillez consulter le site Web du
Congrès: submission of
papers please visit the Congress website.
Ainsi queLes délégués auront la possibilité
de s'inscrire, choisir des ateliers, et faire des réservations de logements et de visiteAs well as submitting papers delegates will be able
to register, select workshops, book accommodation, book pre- or post-Congress
tours avant et après le Congrès.
Pour obtenir des
renseignements complémentaires,
ou en cas de difficulté,
contacter:
Gerry McLaughlin
Head of World
Congress Secretariat
Northern Ireland Court
Service
t. +44
28 9041 2270 / +44 28 9041 2267
f. +44
28 9023 8506
Email: wcongress@courtsni.gov.uk
Philippa
Spiller
Professional Congress
Organiser
The Ovation Group
t. +44
28 9042 4215 ; f. +44 28 9042 4216
Email: Philippa.spiller@ovation-ni.com
ORDRE DU JOUR
de
l`Assemblée Générale qui aura lieu dans le cadre du XVIIème congrès international
de notre association à Belfast, Irlande du Nord
Jeudi, le 31
août 2006 à 17.30 heures.
1. Bienvenue par le
Président.
2. Le procès-verbal de l`Assemblée Générale
du 28 octobre 2002 à Melbourne, Australie.
3. Le rapport du Président.
4. Le rapport du Trésorier.
5. L’augmentation de la cotisation
6. L’approbation des 2 rapports.
7.
L’élection
du Conseil (ou Conseil d`Administration).
8. La modification des statuts
9. La nomination des Membres d`honneur.
10. La distribution électronique de la
Chronique
11. Divers.
12. Clôture.
******
Chers Collègues,
Le point 12 de l'ordre du jour abordera la question si
nous devons arrêter de circuler la Chronique en forme de papier et passer à la
seule distribution électronique. Il est vital que vous nous fournissiez un
adresse email où vous pourrez continuer à recevoir la Chronique au cas où une
décision est prise de ne plus imprimer de copies papier.
Ayez l'obligeance de bien vouloir m'envoyer une copie de
votre adresse email, à moi, et aussi des copies à:
Nesrin Lushta
< nesrinlushta@yahoo.com > et
Avril Calder < avril.calder@btinternet.com >
Willie McCarney, Président
|
|
Les articles pour
la Chronique sont à envoyer directement à Dr Willie
McCarney, Rédacteur en Chef, “St. Martin”, 175,
Andersonstown Rd., Belfast. BT11 9EA N Ireland Tél.: +44 28 9061 5164
- Fax: +44 28 9061 8374 E-mail:
w.mccarney@btconnect.com Les articles
doivent être dactylographiés, si possible dans
nos trois langues officielles (anglais, français, espagnol). Autrement, des
articles peuvent être envoyés à tout membre du
Comité de Rédaction dont les
coordonnées figurent ci-dessous, avec les numéros
de téléphone et de fax, si disponibles. Merci ! |
|
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|
|
Honorable Oscar d'Amours, juge, Cour du Québec,Chambre de la jeunessePalais de Justice,1111, boulevard Jacques-Cartier Est,Longueuil,(Québec) CANADAJ4M 2J6Téléphone: (450) 646-4077
Email odamours@sympatico.ca Jacob J. van der Goes Molenstraat 15, 4851 SG Ulvenhout, Pays-Bas. Tel/Fax: 31 76 5612640 E-mail: j.vandergoes@tip.nl |
Mónica Vazquez Larsson, Av. Coronel Diaz 2333 piso 13 “A” (1425) Buenos Aires Argentine Tel: (54 -11-) 48001160 Fax: (54 -11-) 48001161 E-mail: larsson@satlink.com Dra Gabriela URETA Juez 7° Juzgado Menores Talavera de la Reina, calle 17, n° 656, Las Condes 6780453 Santiago Chili E-mail: gureta@vtr.net |
Prof. Jean Trepanier, École de Criminologie, Université de Montréal, C.P. 6128, Succursale Centre-Ville, Montréal, Québec, H3C 3J7, Canada. Tel: 1 514 343 7325 E-mail: Dr Atilio J. ALVAREZ Defensor de Menores Santos Dumont 2380 1426 Buenos Aires Argentine E-mail: |
|
[1] L’initiative a aussi d’autres
facettes, y compris la recherche, la formation des «piliers de la justice » et
des communautés, la modification des politiques locales, appuyées sur
l’expérience du projet. SCUK comprend par « piliers de la justice » la
communauté, les responsables de l’application des lois, le ministère public,
les tribunaux et le système correctionnel.
2 Les Conseils locaux sont
aussi impliqués dans des activités telles que l’élaboration des arrêtés
municipaux, le bien-être et le développement général, la résolution de conflits
tels que les différends relatifs à la terre, la protection de la Constitution,
la promotion de la démocratie.
3 Le projet de justice pour mineurs a commencé en septembre 2000 comme un
projet pilote dans 4 provinces sur les 18 du Laos. Après évaluation, un projet
de 2 ans a été signé entre le Ministère de la justice et Save the Children UK
dans le but de l’étendre à une nouvelle période de deux ans. En mars 2004, 8 provinces
ont été inclues. La démarche consiste à renforcer la capacité institutionnelle
et à réformer le système judiciaire
en formant le personnel et en développant les pratiques en accord avec les
normes internationales. Ces pratiques s’enracineront dans tous les départements
du système judiciaire pénal, permettant alors de réaliser le but de les
intégrer dans un statut de justice pour mineurs.